EN DÉBAT. Et maintenant, quel chemin pour le PCF ?


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Alors que le vote des textes d’orientation du PCF s’est tenu il y a quelques jours, nous publions l’analyse d’Alain Job, militant communiste dans l’Yonne.

Dans le cadre du Congrès, 40% des communistes ont participé au vote de la base commune, parmi lesquels 61% ont voté pour une candidature PCF. Ayant signé le texte « Communistes à l’offensive », je ne peux me résoudre à une telle orientation, qui selon moi sous-estime le danger d’une victoire de l’extrême droite en 2027.

Une telle candidature s’inscrit dans la dispersion de la gauche, alors que seule son unité peut empêcher cette victoire annoncée comme probable. Une unité demandée de toutes parts dans le pays !

Fabien Roussel, dans Le Parisien, défend l’idée que l’expression des diverses composantes de la gauche au premier tour créerait les conditions d’une dynamique pour le second.

Comment adhérer à une telle hypothèse ? La concurrence des multiples candidatures de gauche démobilise. Comment croire inverser la tendance, comment penser pouvoir générer la dynamique nécessaire en deux semaines entre les deux tours ?

C’est dès maintenant que cette dynamique d’union doit être recherchée. Attendre avec une candidature communiste, et voir où on en est, début 2027 ou dans la dernière ligne droite,  comme le proposaient deux autres textes alternatifs, ferait perdre de long mois précieux.

Le choix de la candidature PCF sous-estime gravement les conséquences d’une victoire de l’extrême droite à la présidentielle. D’ailleurs, le texte de base commune retenu affirme que « quel que soit celui ou celle qui emportera le scrutin présidentiel, c’est la configuration de l’Assemblée nationale qui déterminera en dernière analyse la majorité politique du pays« . 

Comment peut-on ainsi penser que les fascistes à l’Élysée n’auraient aucune conséquence sur nos libertés, notre démocratie, sur les politiques publiques et sociales, que tout se réglerait à l’Assemblée nationale, alors que celle-ci sera dominée par le camp du ou de la président·e élu·e, comme cela se passe depuis l’inversion du calendrier ? Et alors que notre groupe à l’Assemblée pourrait disparaître, victime de la désunion des présidentielles et de l’absence d’un accord national entre les forces de gauche, comme le propose là encore le texte retenu ?

Cette sous-estimation équivaut à une démission. D’autant que le texte nous dit que rien n’est possible sans une remontée de la conscience de classe, pour laquelle il est évidemment impossible qu’elle soit au rendez-vous dans moins d’un an. Je suis indigné par ce renoncement, totalement opposé à toute l’histoire et aux principes de notre parti qui n’a jamais baissé les bras, et a toujours appelé à l’unité pour s’opposer aux fascistes.

Et pourtant, la dynamique unitaire nécessaire peut être engagée dès maintenant. Incontestablement, elle a commencé du côté de la France insoumise. Les sondages, mais surtout le rassemblement réalisé par Jean Luc Mélenchon à Saint Denis, véritable démonstration de force, le suggèrent.

Malheureusement, la campagne anti-LFI menée par la direction de notre parti a brouillé les repères des communistes, jusqu’à leur faire oublier que nous sommes dans le même camp. Le camp de la gauche radicale, que nous partageons avec Jean-Luc Mélenchon, et ce malgré toutes les différences, voire les reproches que nous pouvons lui faire.

D’ailleurs ici, dans l’Yonne où la droite extrême et l’extrême droite sont ultra-dominants, où le RN a trois députés sur trois, les forces de progrès et notamment les plus radicales sont toujours unies dans les luttes. Il n’y a pas place à la dispersion. Ainsi communistes et insoumis·es entretiennent des rapports fraternels et sont ensemble aux premiers rangs des mobilisation pour la Palestine, contre les suppressions de classes, contre l’installation de méga entrepôts sur des terres cultivées… Nous étions encore uni·es cette semaine, devant le Palais de Justice.

Mais les communistes dont la maison brûle, comme le montrent tous les indicateurs, pourraient regarder ailleurs ? Ne pas s’intéresser à ce qui bouge à gauche ?

Quoiqu’on en pense, la candidature de Jean-Luc Mélenchon ira jusqu’au bout. Évidemment, rien est joué et Mélenchon n’est pas assuré de gagner et de battre l’extrême droite. Mais incontestablement, il est le mieux placé pour y parvenir. Pour toutes ces raisons, beaucoup de communistes comme moi pensent que sa candidature est désormais incontournable.

Alors, une question se pose. Allons-nous soutenir, nous ranger derrière une candidature LFI, ou allons-nous contribuer à ce que cette même candidature LFI devienne celle d’un large rassemblement populaire, unitaire et pluraliste, et renforce sa légitimité et ses chances de gagner ? Je suis pour cette seconde option, et je suis pour que cela soit porté à l’occasion de la dernière phase du Congrès, même si les jeux semblent faits.

Dans tous les cas, le débat entre communistes reste nécessaire et doit être mené, sans compromis pour préserver « l’unité du parti ». Je suis donc pour que les propositions d’amendements intègrent cette option Mélenchon, qu’elles s’inscrivent dans une démarche unitaire, non pas en soutien derrière lui, mais pour qu’avec lui se développe l’authentique dynamique populaire proposée plus haut.

Que notre Parti, avec ses propositions, y contribue, élargissant ainsi le rassemblement et du même coup, nous donne la visibilité souhaitée par les communistes.


Image d’illustration : « huma 2012 dimanche0087 », photographie du 16 septembre 2012 par Patrice Leclerc (Photothèque du mouvement social)

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