Le 9 mars 2026, Nos Révolutions publiait le texte d’orientation Nous voulons le communisme partout. Nous donnions alors le coup d’envoi à trois mois de campagne et de débats politiques à l’occasion du congrès du PCF, autour d’une idée simple : nous voulons un parti communiste radical et unitaire ! Nous avons depuis convergé autour d’un texte commun, Communistes à l’offensive.
Au cœur de notre démarche, une pratique politique : celle de débattre et d’agir toujours en public – loin des conciliabules étouffants qui caractérisent trop souvent les discussions de partis. Cela suppose d’expliciter à chaque étape l’analyse que nous portons et les objectifs que nous poursuivons. Dans la lignée des points de situation des 13 mars, 8 avril et 16 avril, examinons le nouveau moment politique qui s’est ouvert cette semaine.
L’offensive unitaire
À l’approche du vote des adhérent·es les 6-7 juin, l’alternative grandit autour du principal texte d’opposition : Pour battre l’extrême droite et ouvrir l’espoir, Communistes à l’offensive. Il vient de passer la barre symbolique des 1 000 soutiens, dont dix-sept secrétaires départementaux, plusieurs parlementaires et des figures historiques de l’engagement communiste.
Avant tout, ce texte regroupe des communistes soucieux d’une véritable politique unitaire, d’un lien plus étroit aux mouvements sociaux et d’un parti plus démocratique. Au-delà de ces préoccupations communes, on retrouve parmi les signataires une grande diversité d’opinions. Certain·es ont combattu les dérives du « rousselisme » dès le premier jour, d’autres ont franchi le pas plus récemment. Certain·es – à l’instar de Nos Révolutions – s’expriment explicitement en faveur de l’union de la gauche sous leadership radical, d’autres n’en sont pas encore là dans leur réflexion mais veulent quoi qu’il en soit avancer vers un front uni de la gauche en 2027.
Le fait majeur, en tout cas, est que les voix unitaires ne sont plus marginalisées au PCF. Communistes à l’offensive constitue donc un bulletin de vote crédible et rassembleur, pour toutes celles et ceux qui veulent affronter et vaincre l’extrême droite et ses alliés.
Roussel tente un coup de poker
Dans ce climat anxiogène pour la direction sortante, cette dernière a décidé samedi dernier de changer l’ordre du jour et le calendrier du congrès. Ces modifications de dernière minute ont pour objectif d’assurer la désignation de Fabien Roussel comme candidat à l’élection présidentielle.
Ce dernier vient en effet d’annoncer sa volonté d’être à nouveau candidat, ignorant le risque, du fait des divisions à gauche, que le second tour de 2027 oppose pour la troisième fois consécutive la droite à l’extrême droite. Ce n’est pas une surprise. Mis à part lors des campagnes législatives de la Nupes puis du NFP (qu’il considérait comme des parenthèses forcées), Fabien Roussel a toujours déployé la même ligne : hostilité à l’union de la gauche (en particulier de la gauche radicale), apaisement face à la droite et au patronat national.
En revanche, pourquoi une telle annonce « surprise » ? Ces derniers mois, Fabien Roussel a vu nombre de ses anciens alliés rompre avec lui. C’est le cas des 465 soutiens du texte Stratégie communiste, et des 350 soutiens du texte Résister et construire (qui ont initié et permis sa victoire en 2018). Concrètement, l’ancienne majorité a explosé en trois blocs.
Pour survivre à ce morcellement, Roussel tente un ultime coup de poker : discipliner ses anciens alliés en mettant sa candidature dans la balance. Cela suffira-t-il à escamoter les débats politiques autour de la ligne modérée et sectaire qu’il déploie consciencieusement depuis huit ans ? Rien n’est écrit : tout peut basculer.
Le sens de notre action
Nos Révolutions a décidé de mettre sa force de frappe médiatique au service du texte Communistes à l’offensive. Articles, éditos, visuels, vidéos quotidiennes… Chaque mois, nos contenus sont désormais consultés près d’un million de fois. Avec nos modestes moyens, c’est une audience non négligeable pour la ligne communiste que nous défendons – et en fait, pour une ligne communiste tout court !
Dans cette nouvelle phase qui s’ouvre, nous avons deux objectifs : faire gagner Communistes à l’offensive lors du vote des adhérent·es les 6-7 juin, et au-delà, continuer à convaincre autour de notre ligne politique. Grand partage, démocratie intégrale, internationalisme en actes… L’heure de ces idées est venue, nous en sommes convaincu·es. En ce sens, nous venons de prendre de nouvelles initiatives de diffusion de la pensée marxiste, à l’instar du podcast avec Bernard Vasseur et Hugo Pompougnac.
Au plan de la stratégie électorale, nous continuons à exprimer ce qui nous semble la seule voie crédible et souhaitable pour vaincre l’extrême droite : une union de la gauche la plus large possible autour des anticapitalistes. Concrètement, cette perspective est en train de se dessiner sous nos yeux avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon, la naissance des Verts populaires et le rapprochement du NPA – L’Anticapitaliste de Poutou et Besancenot.
Nous pensons que les communistes doivent être au premier rang de cette union, combatifs, utiles et volontaires comme ils et elles savent l’être aux moments décisifs de l’histoire du pays. Et quoi qu’il puisse advenir au congrès nous pensons que cette union, parce qu’elle est souhaitée par l’essentiel des bases sociales de la gauche dans le pays, va s’imposer dans les prochains mois comme une réalité incontournable.
Tenant compte de ce fait, l’essentiel est donc de continuer à agir avant, pendant et après le congrès, en accueillant à chaque étape, les bras ouverts, toutes celles et ceux qui voudront passer à l’action. Nos Révolutions prendra sa part !
Image d’illustration : « Fabien Roussel au Congrès du PCF à Marseille, le 10 avril 2023 », photographie par NakaraZn (CC0 1.0)
