Sacrifier notre jeunesse : ça suffit !


Shares

La souffrance psychologique des lycéens et des étudiants doit être une urgence nationale, une responsabilité collective, un combat politique.

La santé mentale doit devenir une priorité concrète pour tous nos jeunes en mettant sans réserve les moyens financiers nécessaires. Les jeunes sont l’avenir de notre pays ne le perdons pas de vue.

Il est inconcevable que la souffrance de la jeunesse soit aujourd’hui tellement banalisée qu’on ne veuille pas en parler, que le mal d’être soit individualisé pensant que cela concerne les autres… et que ces détresses soient traitées comme des problèmes secondaires, générationnels, les jeunes ne doivent pas être réduits à produire des notes, monter des dossiers pour préparer leurs avenirs.

Le lycée et l’université doivent avant tout émanciper la jeunesse pour en faire des adultes structurés, épanouis dans leurs activités et non pas la briser, pourtant c’est souvent l’inverse.

Derrière les portes des lycées et des universités, des milliers de jeunes tentent de tenir debout. Ils travaillent, révisent, passent des examens, remplissent des dossiers, préparent leur avenir et essaient de répondre aux attentes de leurs familles stressées pour leur avenir, de la société qui exige toujours plus de performance pour répondre aux marchés capitalistes.

Mais derrière cette apparente normalité certains s’épuisent, s’isolent, perdent confiance en eux et sombrent dans une détresse que les adultes ne voient pas toujours. Aucun espace de parole confidentiel leur est proposé dans les établissements pour les écouter, les conseiller, les encourager. Les familles quant à elles ne doivent pas être laissées seules, elles sont souvent désarmées laissant à tord l’éducation nationale gérer la futur vie professionnelle de leurs enfants.

La scolarité des lycées et étudiants n’a rien de comparable au premier cycle. Tous les parents n’ont pas été de universitaires aussi nombreux sont ceux qui lâchent prise dans les méandres des orientations proposées.

La majorité des lycéens vivent depuis la seconde dans la peur permanente de l’échec de leurs scolarités. Parcoursup n’est qu’incertitudes, d’inégalités sociales.  La sélection et la pression de la réussite enferment les jeunes dans la peur permanente de l’échec.

Il faut mettre en place une orientation plus humaine, la vie de la jeunesse ne doit pas être suspendue à un logiciel, plus transparente afin que tous aient la même chance et réversible afin de pouvoir être certain de ne pas se retrouver  pour toujours dans une formation inadaptée.

La majorité des étudiants  ne sont pas issus de la petite bourgeoisie aussi ils comptent chaque euro pour se nourrir, s’habiller et se loger, cette précarité aggrave toutes leurs études, loyers trop chers, repas sacrifiés, nécessité d’avoir des emplois épuisants nocturnes pour survivre, nombreux sont les étudiants qui négligent les soins de santé par manque de moyens. Étudier, œuvrer pour un rêve professionnel  ne doit pas être dans la survivance.

Un phénomène fréquent plombe les études de certains jeunes, ils sont victimes de harcèlement, d’humiliations, de discriminations, de violences, de racisme, de xénophobie, d’anti-sémitisme. Tout acte doit être doit être pris au sérieux et systématiquement remonté dans les instances  afin que chaque victime soit protégée. Les établissements doivent disposer de moyens, de personnels formés et de procédure efficaces, combien d’adolescents sont en échecs scolaires à cause de ces actes immondes.

D’autres étudiants connaissent l’anxiété, la dépression, les crises d’angoisse, les troubles du sommeil, les scarifications ou des pensées suicidaires. Il faut impérativement que ces pathologies soient prises au sérieux pour éviter tout drame. Pour cela il faut plus de psychologue, d’infirmiers et de médecins dans les établissements, un accès gratuit et rapide aux soins psychologiques et psychiatriques. Une véritable prévention du suicide et du harcèlement, plus un adolescent ne doit vivre avec ces symptômes. La détresse psychologique et la santé mentale ne doit plus être reléguée au second plan dans les ministères.

Combien faudra t’il de situations dramatiques pour que les pouvoirs publics comprennent qu’un diplôme ne vaut rien si pour l’obtenir le jeune sacrifie son sommeil, sa santé et perd le goût de vivre?

La jeunesse au même titre que les salariés n’est pas une variable d’ajustement. Beaucoup on tendance à l’oublier. Elle ne doit pas être une donnée statistique que les ministères commentent à chaque drame. La jeunesse a le droit à la dignité, à la protection, à la solidarité et à un avenir choisi.

La souffrance psychologique des jeunes est une question vitale de santé publique, mais aussi de justice sociale, de droit de la jeunesse et d’égalité des chances pour l’avenir.

Aucun diplôme même le plus prestigieux ne vaut une vie brisée. Aucun classement ne justifie la destruction de la santé mentale.

Image d’illustration par Nos Révolutions

Shares

en_GBEnglish (UK)