Un congrès de parti politique est parfois hermétique, difficile à comprendre pour celles et ceux qui ne connaissent pas l’organisation concernée sur le bout des doigts. C’est dommage, car ce genre de moment d’élaboration politique vise à confronter les idées et opinions qui traversent une famille politique. Il s’agit donc d’un événement passionnant pour celles et ceux qui veulent changer le monde. Dans cet article, nous avons voulu expliquer comment nous agissons dans le congrès du PCF, et ce qui s’y passe.
Objectif atteint
Nous avons initié cette démarche “Nous voulons le communisme partout” au mois de décembre, à l’occasion du meeting d’Ivry-sur-Seine. Nous faisions alors le constat suivant : Fabien Roussel et ses amis monopolisent la parole publique du mouvement communiste. Les voix qui proposent un autre chemin sont la plupart du temps aussi audibles qu’un murmure, confidentielles, invisibles. Dès lors, une jeune femme ou un jeune homme qui se tourne aujourd’hui vers les idées communistes, c’est-à-dire vers l’internationalisme, vers la lutte des classes et vers la révolution ne trouve qu’un prêchi-prêcha modéré et sectaire. Que d’énergie gâchée !
Nous avons donc décidé d’écrire un texte court et accessible pour donner à voir ce qui, d’après nous, devrait être la politique d’un véritable parti communiste. Le texte est disponible here.
Nous avons voulu placer trois sujets au centre de la réflexion :
1- le fait que la révolution sociale est à l’ordre du jour et est la seule alternative au crépuscule réactionnaire qui s’abat sur sur notre pays
2- le fait que, pour ce qui concerne la politique des partis, l’union doit se faire autour de la gauche radicale pour être capable de vaincre à la fois les libéraux et l’extrême-droite
3- le fait que l’organisation communiste doit être redressée et transformée de fond en comble pour être capable de faire face aux exigences de ce combat.
Il était aussi important pour nous d’articuler ces idées avec l’évolution du capitalisme mondial et de la situation politique française, pour en faire apparaître la base matérielle. L’idée d’après laquelle rien n’est possible a fait beaucoup de dégâts dans les rangs du mouvement social (et des partis politiques). Il nous semble qu’il faut étudier méthodiquement le réel, non pas pour l’accepter tel quel, mais pour apprendre à distinguer ce qui est contraint, et ce qui est ouvert.
Le texte, dans notre esprit, devait être un support pour convaincre, mobiliser et organiser, mais aussi pour débattre. Nous avons voulu que tous puissent s’en emparer : celles et ceux qui ont une carte, et celles et ceux qui n’en ont pas. C’est pourquoi nous avons décidé d’en faire un texte de congrès du PCF, mais aussi de le promouvoir largement, bien au-delà des frontières du parti. Nous avons donc conçu cette séquence comme une véritable campagne d’opinion.
Clairement, ce premier objectif est atteint. Les vidéos, podcasts, visuels publiés sur les réseaux sociaux pour promouvoir le texte totalisent des dizaines de milliers de vues, et des milliers d’encouragements, sous la forme de commentaires, messages privés ou “likes”. Le texte est désormais diffusé par des militant·es issu·es de différents courants, que nous ne connaissons pas mais qui en perçoivent l’importance. Nous espérons avoir l’occasion de les rencontrer bientôt.
Le soutien de personnalités importantes du marxisme, comme Bernard Friot, nous a beaucoup aidé. L’échange avec la députée communiste Elsa Faucillon (qui ne portait pas directement sur le texte, puisqu’il n’était pas encore sorti à ce moment-là), aussi. Nous sommes très fiers que ce processus ait permis de faire apparaître de nouveaux porte-paroles communistes : les interventions de nos camarades Manel Djadoun, Nadine Garcia, Antoine Guerreiro, Hugo Blossier, Anaïs Fley, Mateo Crespo Garcia ou Marie Jay ont suscité adhésion et enthousiasme.
La leçon de la période est simple : pour un communisme qui va au bout, les oreilles s’ouvrent en grand. Il faut simplement faire l’effort de dire ce que l’on a à dire. Cet état de fait n’est pas de nature politicienne, il a une signification dans le tissu social du pays. Il existe une base matérielle pour un grand parti communiste, ouvert, fraternel et combatif. Ce sont des collègues qui s’unissent plutôt que de faire le jeu du patron, des lycéen·nes qui agrafent un poster de Che Guevara au-dessus de leur lit, des festivaliers qui font le choix de partager ce qu’ils ont avec leurs voisins de tente. Nous savions que les “rouges” n’ont jamais vraiment disparu, que les racines collectivistes de la France sont solides. Nous en avons maintenant la confirmation.
En parallèle, l’intérêt interne a accompagné l’intérêt public. Nous recevons amendements et messages de soutien des militants touchés par la démarche que nous proposons. Syndicalistes, étudiant·es, militant·es des quartiers populaires, paysan·nes, élu·es, intellectuel·les : la grande diversité de celles et ceux qui se retrouvent dans le texte nous en convainc, nous avons touché juste.
Un aperçu des réflexions et des débats
Sur quels sujets portent les contributions qui nous sont parvenues ? Il y en a trop pour les résumer en quelques paragraphes.
Prenons, par exemple, le sujet de la démocratie. Nous avons reçu trois types de contributions. Les uns, à l’image de Bernard Friot, proposent que le texte insiste davantage sur la prise de pouvoir sur le travail ; il s’agit alors d’élargir la démocratie à des espaces essentiels, mais pour l’instant soumis au “despotisme de fabrique”, bien que les germes d’une société nouvelle – à l’image du statut de la fonction publique – existent déjà. Les autres insistent sur le fait que, dans la construction d’une société véritablement démocratique, l’ensemble des institutions doivent passer dans les mains du peuple, non seulement pour valider les décisions mais aussi pour les élaborer au moyen de collectifs de base. D’autres encore proposent que la question des contre-pouvoirs et de la protection des libertés individuelles prenne davantage de place, tant il est vrai que les expériences révolutionnaires du passé, par-delà ce qu’elles ont réussi de grand et d’émancipateur, ont pu être capturées par des autocrates ou des appareils policiers monstrueux.
Les amendements reviennent aussi sur ce que le texte aborde trop peu. Il faut, disent-ils, véritablement décrire le contenu du combat féministe, donner la mesure du changement de civilisation qu’implique la transition écologique ou dire l’importance des organisations de jeunesse pour que les jeunes militant·es puissent agir par eux-mêmes, au contact de leur génération, sans la tutelle inhibitrice de leurs aînés. Tout cela est vrai, et nous sommes heureux que tant de camarades aient pris de leur temps pour travailler ces points. Nous les traiterons ensemble le week-end prochain.
Nous avons aussi publié, directement sur le site internet de Nos Révolutions, des tribunes plus éditorialisées, appuyant ou critiquant le texte. Un écrivain communiste, par exemple, nous interroge sur la nécessité de “reconduire” la forme-parti, ou à tout le moins, la forme parti communiste. Nous sommes très heureux qu’un simple texte de congrès puisse donner lieu à ce genre d’échange. Notre opinion est effectivement qu’un parti communiste est nécessaire, parce que nous pensons que le communisme “latent” qui existe dans la société (Marx le dirait “spectral”), doit trouver les moyens d’agir politiquement, de passer à l’initiative stratégique ; et que l’action politique, dans la France d’aujourd’hui, passe par les partis. Naturellement, nous ne sous-estimons pas les difficultés posées par la forme bourgeoise de l’institution partisane, qui contamine aussi les partis de transformation sociale : bureaucratie, affairisme, logiques de clan. Mais nous pensons que ces caractéristiques étant enkystées dans les sociétés capitalistes modernes, il est illusoire de prétendre les enjamber ; il faut s’y confronter, c’est-à-dire, essayer de les déjouer.
Percer le mur du découragement
Pour que ces débats aient lieu, il a d’abord fallu que nous dépassions plusieurs difficultés. La première d’entre elles fut le découragement régnant dans le milieu des opposants à la politique de la direction actuelle du PCF. Les uns nous disaient : aller au congrès ? À quoi bon ? C’est perdu d’avance. Il faut faire autre chose. D’autres estimaient qu’il était trop tôt pour agir, puis trop tard. D’autres, enfin, trouvaient que telle phrase du texte était trop ceci, ou pas assez cela. Comme le texte était explicitement amendable de la première ligne à la dernière, nous ne comprenions pas le blocage. Pourquoi les camarades n’osaient-ils pas entrer dans le débat ?
Beaucoup de facteurs expliquent le découragement, et naturellement, le soutien que la base militante a apporté à la stratégie de Fabien Roussel lors du congrès de 2023 en fait partie. L’isolement des communistes porteurs d’idées plus combatives aussi. Lorsqu’on est seul dans sa section, il n’est pas toujours facile de mesurer que des milliers de communistes partagent votre opinion, et sans doute des centaines de milliers de citoyens dans le pays.
Il y a un autre fait, qui est rarement commenté. Il tient à l’agressivité de certaines interactions dans les structures militantes. Le PCF, contrairement à ce qui se dit parfois, n’est vraiment pas un parti “verrouillé” au plan de la liberté de débattre. Les adhérents y ont beaucoup de droits. Mais il existe, en son sein, de petits groupes très haineux et volontiers complotistes qui n’hésitent pas à s’en prendre publiquement et violemment aux voix discordantes. De fait, certaines des insultes, attaques ad-hominem et procès d’intention que nous avons vu passer sur nos réseaux sociaux nous ont permis de comprendre pourquoi plusieurs camarades hésitent à donner leur avis. Récemment, ce genre de procédé s’est même retrouvé dans la presse communiste, avec un article injurieux publié par Le Patriote Côte d’Azur contre notre camarade Robert Injey.
Ces comportements sont évidemment un point de nécrose du parti, qui l’empêche d’avancer, mais numériquement, ils ne sont pas si importants ; d’après ce que nous avons observé, il y a tout au plus quelques dizaines de comptes qui se passent le relais sur X et sur Facebook. Pour l’essentiel, il s’agit de camarades isolés, qui militent peu, et tournent en boucle dans des bulles numériques. Il faut de toutes manières beaucoup de désespoir et de détestation de soi pour s’en prendre, sous pseudonyme, à des communistes s’efforçant de diffuser les idées communistes. Voilà ce que le capitalisme fait aux relations sociales, et en l’occurrence aux plus belles qui existent, celles qui unissent les militant·es de la transformation sociale.
À présent, la publication du texte a permis de nous arracher à la glu du découragement. Dans les boucles WhatsApp, sur les réseaux sociaux, dans les sections, on débat joyeusement, on s’exclame, on confronte, on invente. C’est une leçon importante : passer à l’initiative peut tout changer, et inverser les situations les plus moroses. Ce fait, que nous observons à l’échelle du PCF, est aussi vrai à l’échelle du pays tout entier.
L’évolution de la situation
Le découragement recule aussi parce que l’évolution de la situation politique elle-même plaide pour tourner la page. La percée de la gauche radicale aux élections municipales n’y est pas pour rien. À cette occasion, ceux qui hurlaient à l’infréquentabilité de la FI se sont couverts de ridicule en s’alliant avec elle au second tour des municipales, révélant à cette occasion l’ampleur de leur hypocrisie. Plus profondément, l’indignation partagée par le peuple de gauche au sujet du traitement médiatique de Bally Bagayoko rappelle tout ce que nous avons en commun.
La proposition d’alliance adressée par Manuel Bompard aux écologistes et aux communistes montre aussi qu’à ce stade, il n’y a pas de véritable obstacle et qu’il est possible de commencer à discuter. Le réseau Alternative Communiste le dit à raison dans son dernier communiqué, et Stéphane Peu, le président du groupe à l’Assemblée Nationale, se positionne ouvertement pour avancer.
Dans un tel contexte, le texte d’orientation de la direction sortante apparaît pour ce qu’il est : déconnecté, scolaire, répétitif. Pendant que la vie avance, l’équipe de Fabien Roussel recule.
Tout cela n’est pas accidentel. C’est aussi que dans les profondeurs du pays, les couches sociales plus combatives se remettent en mouvement. Après l’échec du mouvement des retraites, en 2023, notre camp s’est retrouvé sonné. Rendons-nous compte ! Lorsque le 7 octobre 2023 est arrivé, le gouvernement a estimé qu’il disposait d’un rapport de forces suffisant pour interdire des manifestations, arrêter des syndicalistes, convoquer des parlementaires d’opposition.
Ce fut une longue marche pour sortir de ce moment de fragilité, et ceux qui ont tenu bon, quelle que soit leur étiquette, méritent notre gratitude. Aujourd’hui, la propagande de guerre s’est déréglée. Le caractère ouvertement prédateur de la politique étrangère de Donald Trump n’y est pas pour rien. Plus personne, sur les plateaux de télévision, ne défend les horreurs commises à Gaza. Les classes populaires savent donc qu’elles avaient raison de s’indigner.
Dans la même période, le bloc bourgeois multipliait les reniements et les compromissions pour garder la main sur les ministères. Sa faiblesse et son cynisme sont ainsi apparus aux yeux de tous. Chacun a bien vu que ces gens ne pourraient pas rester bien longtemps à la tête de l’État. Les fascistes du RN se sont positionnés pour en profiter. Les nôtres ont donc compris qu’il faut agir pour faire face. Les médias ne l’ont pas compris. C’est bien pourquoi ils ont été incapables d’anticiper le résultat des élections législatives de 2024.
Naturellement, la proximité de la présidentielle aiguise l’intérêt pour la chose publique. Les classes populaires se sont levées. Au fur et à mesure que nous approcherons de la date fatidique, la pression en faveur de la gauche radicale sera croissante. C’est bien pourquoi ceux qui croient pouvoir régler leur action d’aujourd’hui sur l’image qu’ils se font du favori au second tour de la présidentielle en seront pour leurs frais. Rien n’est écrit à cette distance d’une élection, tout peut arriver.
De nouvelles idées arrivent sur la table
La parole se libère au PCF, et plus personne ne peut l’empêcher de circuler. Les camarades avec qui nous avions construit le texte Urgence de communisme lors du précédent congrès entrent dans le débat. Nous avons des différences d’approche. Ils estiment qu’il faut parler davantage de la menace de l’extrême-droite, et rester prudents sur les choix stratégiques à l’horizon 2027. Très bien ! C’est le genre de débat que nous voulons avoir. Il est prévu que nous nous rencontrions rapidement pour converger.
D’autres camarades s’inquiètent, craignent la division. Nous ne voyons pas les choses sous cet angle. Nous accordons beaucoup d’importance à ce travail. L’organisation communiste que nous voulons construire n’est pas une caserne ou une église. Nous voulons que différentes conceptions de la lutte, de l’organisation et même du communisme puissent coexister et s’articuler dans la perspective d’un objectif partagé. Il n’y a pas de division. Pour construire du commun, il est simplement normal que chacun·e commence par exprimer ses préoccupations.
Sur la première question en débat, donc l’extrême-droite, nous pensons que son essor s’appuie sur les bases matérielles suivantes : la crise commerciale qui frappe l’Occident, l’effroi de la classe dominante face aux nouveaux mouvements sociaux et la crise sociale permanente créée par les partis libéraux. Par conséquent, nous considérons que le seul moyen de vaincre la bourgeoisie radicalisée est de la renverser, c’est-à-dire qu’une stratégie antifasciste ne peut plus se résumer à des mesures défensives de type “front républicain”. Le style que nous avons choisi dans le texte peut déstabiliser, car nous avons voulu trancher avec le ton de lamentation et/ou de panique qui s’est imposé comme un passage obligé dans les congrès des partis de gauche. De fait, le rôle des militant·es est aussi – et surtout – de donner espoir.
Sur la seconde question en débat, nous pensons que la gauche libérale a si profondément failli qu’elle ne peut plus prétendre présider aux destinées de la gauche. En parallèle, la dynamique est du côté de la gauche radicale. D’après nous, le rôle des communistes est donc de se tenir aux côtés des classes populaires, des syndicalistes, des intellectuels pauvres, des jeunes, des milieux alternatifs qui se mobilisent pour en finir avec l’enfer libéral dans lequel nous vivons. Cela passe par la construction d’une alliance entre les différentes forces politiques de cet espace (à commencer par la France Insoumise), de manière à entraîner toute la gauche. De fait, pour vaincre l’extrême-droite – et les libéraux –, il faut converger. Pas de temps à perdre, avançons dès maintenant.
Sur ce sujet, une dernière remarque. L’alliance avec la gauche radicale est un sujet empoisonné au PCF. Beaucoup de communistes ont de la colère contre la FI, parfois à raison, parfois pour des motifs fantaisistes. Mais aujourd’hui, le bilan de cette animosité est désastreux pour notre famille politique. Depuis près d’une décennie, l’opposition à Mélenchon est notre seule boussole stratégique ; résultat, nous nous retrouvons à jouer le jeu de nos pires ennemis. Cette obsession nous discrédite. Il est vital, à présent, de montrer que nous sommes capables de tourner la page.
La direction sortante perd ses appuis
Le processus de convergence des groupes unitaires est une bonne chose. En parallèle, la direction sortante perd des points d’appui. Depuis 2018, elle diffusait des textes et déclarations internes à la tonalité très “rouge” servant de caution à des politiques en réalité assez proches du PS. Aujourd’hui, l’équilibre semble rompu. Le groupe “En avant le manifeste”, moteur des textes victorieux lors des deux précédents congrès, se désolidarise ouvertement du texte porté par la direction. Dans leurs interventions au CN, Frédéric Boccara parle d’un “recul immense”, Évelyne Ternant d’une “ligne politique qui nous cantonne à l’opportunisme électoraliste”, et Denis Durand d’un texte qui “sacrifie l’ambition révolutionnaire”.
Plus intéressant encore, l’équipe animant le blog “Communistes et Matérialistes” se sépare du texte de la direction sortante et propose le sien, intitulé “Stratégie communiste”, qui dénonce l’ “errance stratégique” du parti dans la dernière période. Visiblement, l’illusion qui s’est imposée lors du congrès de 2023 ne prend plus, et ces groupes entendent renouer avec le marxisme duquel Fabien Roussel et son équipe se sont coupés. Nous savons que cela demande du courage. Nous pensons qu’ils ne vont pas encore au bout du raisonnement et restent prisonniers de certaines des manières de penser qui nous ont mis dans cette situation, mais considérons que leurs initiatives sont positives. Elles s’ajoutent à celle de la section du PCF 15e qui, bien qu’ayant toujours été hostile au Front de Gauche, n’a pas accompagné l’équipe de Fabien Roussel dans l’impasse actuelle.
Il faut noter que les mouvements tectoniques traversant actuellement la galaxie communiste reflètent une intervention plus marquée des générations militantes qui ont entre 25 et 35 ans aujourd’hui, donc qui sont entrées dans le militantisme entre 2010 et 2020. Ces générations sont celles qui ont découvert la politique à l’occasion des vastes mouvements sociaux qui ont marqué les trois quinquennats Sarkozy, Hollande et Macron I ; il n’est pas étonnant que, par-delà les différences de sensibilité, elles manifestent de nouvelles exigences sur le niveau de combativité du parti. De plus, pour ce qui concerne les trentenaires, ils se souviennent que la dernière séquence où le parti a été en dynamique nationale, s’est déployé et s’est renforcé, est la période du Front de Gauche. Ils sont donc moins susceptibles de se laisser avoir par l’idée d’après laquelle l’isolement sectaire ou l’alliance avec les sociaux-libéraux permet de renforcer l’organisation.
Image d’illustration : « Militants du Parti communiste français (PCF) à la manifestation du 5 mai 2018 La fête à Macron, place de l’Opéra. », photographie par Tyseria (CC BY-SA 4.0)
