« Communisme partout », première semaine !


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Depuis décembre dernier et le meeting d’Ivry-sur-Seine, en plus d’un travail éditorial fourni l’équipe de Nos Révolutions s’est attelée à la rédaction d’un texte d’orientation communiste en vue du congrès du PCF, prévu en juillet.

Ce texte a été publié le 9 mars. En cinq jours, il a été lu par plusieurs milliers de personnes. Plus de cinquante-mille personnes ont pris connaissance de son existence sur les réseaux sociaux.

Ce travail ne sort pas de nulle part. Il s’appuie sur trois ans et demi d’analyses et d’actions politiques, depuis la fondation du média Nos Révolutions à l’automne 2022. Il a été nourri – et va l’être dans les prochaines semaines – d’échanges avec des dizaines de communistes d’opinions, d’origines et de trajectoires différentes, membres ou non du parti.

Comme expliqué dès sa parution dans cet article, nous avons voulu un texte court et accessible, décrivant de façon précise et compréhensible la ligne combative et unitaire que le PCF pourrait, s’il le décidait, déployer.

Ce que nous avons réussi

En cinq jours, nous avons atteint un objectif important : provoquer un vrai débat politique et stratégique. La direction du PCF (c’est-à-dire l’équipe autour de Fabien Roussel) nourrissait l’objectif d’un congrès « technique », convoqué en catimini. Le calendrier fait peu de doute sur leur intention. Qui avait déjà vu un congrès démarrer en pleines élections municipales ?

Fabien Roussel compte procéder, sans doute, comme il l’a fait depuis son élection en 2018. Faire de grandes proclamations théoriques (« socialisme à la française », etc.) en congrès (c’est-à-dire en « privé ») pour obtenir l’assentiment des militant·es, puis poursuivre la ligne de conduite qu’il a systématiquement appliquée dans les médias (c’est-à-dire en public) : dénonciation des mouvements sociaux et de la gauche radicale, fraternisation avec la droite et le patronat.

Avec le lancement de notre proposition de texte, cependant, plusieurs questions fondamentales commencent à être mises en débat. La révolution est-elle possible aujourd’hui ? Le peuple peut-il gérer démocratiquement la société ? Pour ce faire, faut-il s’unir d’abord avec la gauche libérale, ou avec la gauche radicale ? Des communistes lisent notre proposition. Ils l’amendent, ils la critiquent, ils la complimentent, ils la commentent… Et nous en sommes ravi·es.

Ce qu’il reste à faire

Ce n’est pas assez, évidemment. Notre initiative est encore bien trop modeste. Elle doit s’élargir, être amendée, se solidifier. Mais elle a le mérite d’exister. Jusqu’ici, rien ne garantissait que qui que ce soit, dans la famille communiste, ne s’engage résolument contre l’orientation politique imprimée par Fabien Roussel. Désormais, la situation est différente : la voie est ouverte.

Depuis tant d’années, les militant·es communistes ont observé avec découragement – et trop souvent en silence ! – le dévoiement de leurs idées. En réalité beaucoup ont parfaitement compris, au moins depuis les européennes 2024, que l’orientation portée par la direction constitue un aller sans retour, du point de vue idéologique comme organisationnel. Mais trop peu ont trouvé l’occasion d’exprimer leurs doutes, leurs désaccords, leur révolte parfois, à voix haute.

Alors nous avons voulu donner, à toutes celles et ceux-là, du courage, de l’envie de s’engager, de s’exprimer, de participer au débat sur leur avenir. Beaucoup ne se sont pas encore lancé·es ; ce n’est pas facile, surtout lorsque l’on a des responsabilités dans le parti, ou que l’on est isolé dans sa section sur ses opinions. Nous allons devoir continuer à encourager la liberté d’expression et le pluralisme chez les militant·es, en soutenant, en encourageant, en montrant l’exemple.

L’autre tâche importante, dans les jours qui viennent, sera de travailler au rassemblement avec tous les groupes communistes qui, d’une manière ou d’une autre, veulent une alternative à Roussel. Nous sommes en contact avec plusieurs d’entre eux. Nous mènerons tous les échanges avec le souci de la clarté et de la cohérence politique, deux caractéristiques qui nous semblent indispensables au militantisme communiste de 2026.

Alors qu’une campagne municipale de premier tour hors-norme arrive à son terme, que le pays oscille entre volonté de justice sociale et tentations d’extrême droite, nous avons besoin d’un parti communiste qui prenne toute sa part dans le combat de classe.


Image d’illustration : « #fêteàMacron PCF », photographie du 5 mai 2018 par Olivier Ortelpa (CC BY 2.0)

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