ÉDITO. 5 novembre, généralisation de la grève ?


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Sophie Binet, Secrétaire Générale de la CGT, appelait le 21 octobre 2026, à la sortie d’une réunion à Matignon avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, à « franchir un nouveau cap dans la mobilisation » et à « généraliser la grève » à partir du 5 novembre.

Nous y sommes : La journée du 5 novembre est une grève et manifestation interprofessionnelle où presque toutes les confédérations (CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA) se retrouvent. C’est aussi une journée qui verra se mobiliser les salariés du privé, ceux et celles de la fonction publique, les plus jeunes d’entre nous qu’ils soient lycéens ou étudiants mais aussi les retraités. Des grèves sont attendues notamment dans l’éducation, les transports, la fonction publique. Plusieurs centaines de manifestations sont déjà annoncées hors Paris.

Si la mobilisation sociale prend depuis plusieurs semaines un caractère puissant et arrive à s’inscrire dans la durée malgré le pourrissement et la répression organisés par le gouvernement, le tournant que peut prendre le mouvement aujourd’hui est capital. Aussi belles soient nos manifs jusqu’à présent, elles n’ont pas amené la Macronie à faire de réelles concessions. Souvent, on n’a même l’impression de pas être pris au sérieux face à ce gouvernement représentant la grande bourgeoisie qui compte sur les gaz lacrymogènes, les grenades de désencerclement, les couvre-feux et les parcours « alternatifs » pour nous faire taire ou invisibiliser nos luttes.

Là est tout l’enjeu de la grève. Atteindre le gouvernement et ses derniers soutiens par les seuls endroits qu’il veulent protéger réellement : les comptes en banques et les portefeuilles des plus riches de ce pays. Il ne s’agit pas de décréter du jour au lendemain l’arrêt du pays, ce serait vain. Nous savons que la grande précarité dans le pays rend le choix de la grève compliqué pour beaucoup mais vu l’énergie du mouvement, sa combativité et son haut niveau revendicatif, nous pouvons créer les conditions de réaliser ce défi de la généralisation de la grève.

Dans tous les collectifs de travail, dans l’industrie ou les services, dans le public ou le privé, en métropole comme dans les collectivités d’outre-mer, les travailleuses et les travailleurs vont multiplier les AG pour aller vers des débrayages à travers tout le pays. La production capitaliste doit être enrayée, les dividendes compromis. Nous devons voir le MEDEF craindre pour ses profits comme les lycéens craignent malheureusement aujourd’hui de perdre une main ou un œil face aux CRS.

Les obstacles sont encore nombreux, pourtant l’heure n’est pas aux états d’âmes. Partout en Europe et plus largement dans le monde, les politiques austéritaires sont contestées et les peuples se lèvent. La classe laborieuse française peut, dans cette phase du rapport de force capital/travail, permettre de prendre sérieusement l’avantage pour le progrès social au point d’initier une période révolutionnaire. La construction de l’alternative est à portée de main. Soyons à la hauteur de ce moment !


Image d’illustration : Photographie du 31 octobre par Jean-Paul Romani – Photothèque du mouvement social

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