À Tulle, la population se mobilise contre l’expulsion inhumaine d’une famille vers l’Albanie.
C’est par un courrier remis lors d’une convocation au commissariat, la semaine dernière, que la famille Shtika – Xhuliana et Mario, les parents, et leurs enfants de 4 et 9 ans, Elia et Michael – a appris que quatre places d’avion avaient été réservées pour ce mercredi 19 août, afin de les expulser vers l’Albanie.
Pourtant, la famille Shtika participe à la vie de Tulle depuis plusieurs années et s’investit dans plusieurs associations locales. Xhuliana et Mario, qui disposent de plusieurs formations, n’attendent qu’une autorisation de travail pour pouvoir s’intégrer davantage. Ils s’efforcent également d’assurer la meilleure éducation possible à leurs enfants, en les faisant participer à de nombreuses activités culturelles et sportives. Mickael et Elia, qui sont nés en France, ont quant à eux parfaitement trouvé leur place et sont appréciés de leurs camarades.
La famille est en danger en cas de retour en Albanie et risquerait d’y être arrêté pour des raisons politiques et familiales, notamment après que Mario, le père, a créé un syndicat de travailleurs. Il a été agressé et menacé à plusieurs reprises pour cette raison. Pourtant, après plusieurs assignations à résidence et une OQTF, la famille est sommée, par une décision brutale de la préfecture, de repartir en Albanie, au mépris des risques qu’elle encourt et sans tenir compte de son histoire ni de la situation du pays.
Cette situation est symptomatique du durcissement de la politique migratoire française, obsédée par les expulsions, au mépris d’un héritage historique de défense des droits et des libertés et de toute logique humaniste. Selon La Cimade, plusieurs personnes expulsées se retrouvent en danger dans leur pays d’origine, parfois menacées de mort ou de torture. Cette politique cynique font d’elles les victimes d’une politique du chiffre dictée par le gouvernement français.
L’Albanie en est un exemple concret puisque la France a mis en place un système d’expulsions particulièrement systématique vis-à-vis de ses ressortissants. L’Albanie, qui a pour objectif d’intégrer l’Union européenne, a assuré une pleine collaboration à ces expulsions. Les Albanais représentent, selon La Cimade, « une manne pour l’État français, un moyen de faire du chiffre à moindre coût », au mépris, donc, de toute logique et des principes que devrait respecter un État de droit.
Xhuliana a décidé de ne pas se laisser faire et d’interpeller le député de la Corrèze afin de faire pression sur la préfecture. La famille peut également compter sur une mobilisation spontanée et combative de la population corrézienne, notamment du collectif Corrèze Solidarités, créé l’année dernière pour défendre les exilés et soutenu par les partis de gauche, mais aussi par des citoyens de tous horizons : voisins, amis ou connaissances de la famille, ou tout simplement des personnes indignées par cette décision qu’elles jugent inhumaine.
Ils se donnent rendez-vous ce mercredi 19 août, jour prévu de l’expulsion, devant la préfecture, à partir de 16h30.
Comme quoi, la fable selon laquelle les surenchères migratoires et sécuritaires qui ont conduit à cette politique trouveraient leur légitimité dans une prétendue demande populaire est contredite par cette mobilisation, qui se veut large et déterminée pour s’y opposer.
Soyons nombreux.
