À Auxerre (Yonne), un rassemblement a eu lieu ce jeudi 23 juillet à l’appel de nombreux syndicats, associations et partis politiques pour le maintien des emplois et des services de la protection de l’enfance, menacés par le Conseil départemental (environ 50 personnes dont une majorité de personnels des associations concernées).
Le Conseil départemental et le Préfet mettent en concurrence les associations du secteur de la protection de l’enfance. Rien n’obligeait la commission départementale composée d’employeurs de rendre un avis conduisant à la disparition du Comité de protection de l’enfance de l’Yonne (CPEY), association qui agit depuis 70 ans.
Parler de « lots » et distribuer les mesures comme si on faisait ses courses au marché n’est pas entendable, dénonce l’intersyndicale. Selon elle, la protection de l’enfance n’est ni un marché, ni une variable d’ajustement budgétaire. Alors que la protection de l’enfance devrait être au cœur de toutes les préoccupations, c’est un gâchis pour les enfants en danger.
Bien évidemment, il y a aussi la casse sociale. Tous les salarié·es, majoritairement des femmes, qui travaillent pour les différents services du Département, perdront donc leur emploi.
La question des moyens a également été débattue ces jours-ci à l’Assemblée nationale.
Les députés ont approuvé, mardi 21 juillet, l’instauration de peines de prison à perpétuité pour les auteurs de viols en série commis sur les mineurs de moins de 15 ans, à l’occasion d’un nouveau vote organisé avant le scrutin sur l’ensemble du projet de loi sur la protection des enfants.
Qui demande la perpétuité ? Pas la CIIVISE, ni la coalition pour une loi intégrale, ni les associations féministes et enfantistes, ni les syndicats de magistrats et d’avocats.
Pour Gabrielle Cathalas, députée LFI, « la lutte contre les violences faites aux enfants mérite autre chose que la reprise de propositions de droite et d’extrême droite pour détourner l’attention, qui ne changeront rien à l’ampleur de ces violences et leur caractère systémique. Nous demandons une loi cadre pour lutter contre toutes les violences faites aux femmes et aux enfants, un budget de 3 milliards et la prise en charge intégrale par la sécurité sociale d’un parcours de soins pour toutes les victimes. »
Cette position est partagée par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), qui a rappelé mardi dans un communiqué « que seuls 3% des agresseurs (1% dans les cas d’inceste) sont actuellement condamnés, alors même que les peines prévues à leur endroit sont déjà lourdes« . La Commission estime en outre « qu’aggraver la loi est une intention vaine si elle ne s’accompagne pas de moyens pour la mettre en œuvre« .
Image d’illustration : Photographie par Nos Révolutions
