Samedi 19 septembre, Christophe Bex, député insoumis de Haute-Garonne initiait l’organisation d’une fête populaire dans le village de Grépiac. Avec près d’un millier de participant·es, des sculpteurs sur pierre, un marché paysan, une exposition, une auberge espagnole et un orchestre pour clôturer la soirée, cette initiative, organisée une semaine après la réussite de la Fête de l’Humanité à Brétigny (91), donne à voir ce que la gauche et le mouvement populaire peuvent faire de meilleur.
Notre correspondante locale a pu échanger à cette occasion avec Christophe Bex, pour comprendre le sens et les enjeux de cette fête populaire.





Christophe Bex : « L’être humain est un animal social qui a besoin d’échanger, de discuter »
Nos Révolutions (NRs) : Christophe, tu as déposé une proposition de loi sur les tiers-lieux en milieu rural. Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as décidé de faire de cette question une priorité ?
Christophe Bex (CB) : La 7ème circonscription de Haute-Garonne, où je suis élu, est considérée comme rurale avec des difficultés telles que la mobilité imposée. Dans le même temps, ce territoire est soumis à la force d’attraction économique de la troisième ville de France, Toulouse. Pour ma part, je viens d’un petit village de la Meuse. J’ai vu et vécu le délitement progressif et rapide de ces villages éloignés des métropoles, qui n’attirent plus d’activités économiques et sont voués à disparaître dans le nouvel ordre économique qui s’impose à nous. Soutenir et favoriser les tiers-lieux, c’est-à-dire des lieux de rencontre et de lien social, doit nous permettre de contrecarrer cette dynamique.
NRs : Tu évoques cette crise qui frappe nos campagnes. Selon toi, quelles en sont les racines ?
CB : Depuis plus de 40 ans, nous vivons les conséquences économiques et politiques d’un système en crise, un système qui doit désormais faire face au plus grand danger que notre espèce n’ait jamais connu. C’est le dérèglement climatique, avec comme corollaire la destruction de notre environnement et de la biodiversité.
Les causes de ces crises et la nature du système dans lequel nous vivons font cependant l’objet d’une forme d’amnésie collective de la part d’une majeure partie de l’échiquier politique. Seule la gauche a clairement identifié et théorisé le problème que nous connaissons : le capitalisme. Car ce système s’impose à nous d’une façon si insidieuse, que l’on ne se rend même plus compte qu’en réalité c’est lui qui dicte nos vies.
NRs : Pourquoi les tiers-lieux sont-ils, selon toi, un impératif pour lutter contre l’extrême droite ?
CB : Lors du soulèvement des Gilets Jaunes, j’ai constater de mes propres yeux la formidable capacité de l’être humain à développer une conscience de classe, alors que tout ou presque opposait celles et ceux que je rencontrais sur les ronds-points de Muret et Auterive. Par de simples discussions autour d’un café, toutes et tous se sont rendues compte de leurs attentes communes. L’être humain est ainsi fait : nous sommes un animal social qui a besoin d’échanger et de discuter.
NRs : Cette fête populaire s’inscrit donc dans le même objectif ?
CB : Grâce à mon travail de député et les orientations politiques que nous avons souhaité prendre avec mon équipe, nous nous sommes donnés plusieurs objectifs. Comment restaurer des liens de confiance entre les personnes qui vivent et font vivre nos territoires ? Comment rapprocher les gens et les encourager à débattre, à exprimer leurs doutes, à se forger leurs propres opinions par la discussion et à formuler des solutions innovantes ? Enfin, comment leur donner les outils et les moyens du débat politique et démocratique, plutôt que d’être alimenté toute la journée par les émissions télévisées toujours plus ordurières, qui ont largement contribué à faire la campagne de l’extrême droite en 2024, cela sans que ses militants ne soient présent sur le terrain ? C’est pour répondre à tous ces enjeux que nous avons construit, avec tant d’autres, cette belle fête populaire à Grépiac.
NRs : En Haute-Garonne comme ailleurs, de nombreux communistes s’engageront pour une victoire de la gauche en 2027, en soutenant la dynamique populaire autour de la candidature de Mélenchon. Comment envisages-tu cette campagne de rassemblement ?
CB : Tout d’abord, merci aux camarades communistes pour leurs actions et leurs engagements au quotidien, qu’ils et elles vont prolonger dans la campagne présidentielle ces prochains mois. L’union de la gauche la plus large sera en effet nécessaire autour d’un programme de rupture, pour accéder au second tour, battre les macronistes et l’extrême droite. Nous y sommes prêt·es !
Images d’illustration : Photographies par Nos Révolutions
