Armeline Videcoq-Bard est militante et élue communiste à Tours.
Depuis le 18 mai dernier, les agent·es de la métropole de Tours (37) sont en grève. À la mairie de Tours comme à la Métropole, les syndicats ont lancé un mouvement demandant une augmentation de salaire de 500 euros afin de compenser le gel du point d’indice, ainsi que la mise en place d’une mutuelle de groupe pour les agent·es.
Ce qui met le feu aux poudres, c’est la forte inflation à laquelle la France est confrontée ces derniers mois. En détournant les yeux, en refusant d’appuyer le droit international et en validant la guerre trumpiste au Moyen-Orient, le gouvernement français a aussi mis à mal sa propre économie, et cela impacte premièrement les plus bas salaires.
Les catégories C ainsi que les contractuels de la fonction publique territoriale se retrouvent à pâtir des décisions de l’État dans leur quotidien. Car oui, ces emplois restent, pour beaucoup, très mal payés et précaires. Ce sont des emplois d’accueil, de sécurité, de manutention, de nettoyage … Et bien souvent ces employé·es habitent loin du centre-ville où se trouve la majorité des activités culturelles et sportives, ainsi que les loyers les plus élevés afin de donner accès à ces privilèges géographiques. Pour beaucoup (malgré les grands efforts de la Métropole pour augmenter les transports publics sur le réseau) ils et elles doivent se rendre au travail en voiture, ce qui a un coût !
Or, aujourd’hui, c’est le travail dans les collectivités territoriales qui est impacté par ces trop grands écarts entre le salaire et le niveau de vie. L’État s’est désengagé du financement des services publics en gelant le point d’indice, en n’investissant pas massivement dans la formation des fonctionnaires de catégorie B et C, en obligeant les mairies à déléguer leurs services au privé, à l’heure où l’urgence sociale et climatique devrait nous engager à prendre en charge les biens communs (eau, énergie, environnement…) en régie publique.
Les négociations avec les syndicats sont en cours dans la plus grande ville de Touraine et déjà, les voix s’élèvent au-delà du département et vers le gouvernement pour réclamer un investissement à la hauteur des besoins et des urgences de notre service public de proximité.
Image d’illustration : Photographie par Nos Révolutions
