Le préfet des Hauts-de-Seine a engagé une procédure d’expulsion contre Ramy Shaath, militant pour les droits du peuple palestinien. Cet acte politique en dit long sur l’état de nos libertés.
En effet, Ramy Shaath n’est pas un criminel. Aucune juridiction ne l’a jamais condamné : la seule procédure engagée contre lui, à l’initiative de Laurent Nunez, alors préfet de police de Paris et aujourd’hui ministre de l’Intérieur, s’est terminée par un classement sans suite le 7 juin 2024. Et pourtant, sur la base de simples notes des services de renseignement, le préfet des Hauts-de-Seine entend aujourd’hui l’expulser de France.
La logique est claire : Ramy Shaath s’est mobilisé pour la cause palestinienne. Voilà ce qu’on lui reproche !
Ce palestino-égyptien, figure de la révolution de 2011, a connu les geôles du régime al-Sissi pendant près de 900 jours. Libéré grâce à la mobilisation internationale, largement animée par son épouse Céline Lebrun-Shaath, il a fini par rejoindre la France où l’attendait Céline. Il y a fondé une famille, construit une vie. La ville de Nanterre lui a accordé la citoyenneté d’honneur, au même rang que Nelson Mandela et Cécile Kohler. Aujourd’hui, l’État veut le renvoyer vers une probable incarcération immédiate par les autorités israéliennes à son arrivée en Palestine.
Ce que vise le gouvernement à travers Ramy Shaath, c’est l’ensemble du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. La procédure d’expulsion s’inscrit dans une offensive plus large de criminalisation des militants pro-palestiniens, dont la proposition de loi « Yadan » constitue le pendant législatif.
Pour signer la pétition et être tenu·e informé·e des manifestations de soutien : https://freeramyshaath2.com/#agir
Image d’illustration : « Ramy Shaath », photographie du 20 avril 2015 par Hossam el-Hamalawy (CC BY 2.0)
