Un rapt et un coup d’État


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Cet article du 3 janvier 2026 est tiré du blog de Patrick le Hyaric. Cliquez ici pour y accéder.

Voici que se déroule une nouvelle phase des actions de l’Imperium, poussant « le monde à la renverse ».

Trump et ses sbires de l’industrie pétrolière et gazière, de l’eau et des seigneurs de la tech viennent de fomenter un coup d’État au Venezuela pour s’accaparer de grandes ressources du sol et du sous-sol afin de permettre au complexe militaro-industriel et à l’industrie numérique de disposer de matières premières gratuites pour accélérer l’accumulation capitaliste.

Depuis des mois, se tiennent des séances de travail entre des représentants des grandes firmes capitalistes nord-américaines, des fonds d’investissement avec des personnalités politiques de la droite Vénézuélienne sur les moyens d’offrir au grand capital américain la plus grande réserve de pétrole au monde ainsi que des minerais rares, et les infrastructures du pays.

Voilà la raison du rapt du président Maduro : mettre son pays sous tutelle. En n’employant à aucun moment le mot « démocratie » lors de sa conférence de presse, Trump et son ministre des affaires étrangères ont avoué en creux l’objet de leur entreprise guerrière.

Par la force, le capitalisme impérial tente de retrouver sa prééminence sur le monde. Trump présente son coup d’État comme une opération de police et traite déjà le Venezuela – pays membre de l’ONU – comme un nouvel État nord-américain, tout en précisant que ce qui vient d’arriver au président Maduro pourrait arriver à d’autres. Par-delà nos appréciations et nos critiques sur la politique vénézuélienne, nous ne pouvons laisser faire au risque d’accélérer le mouvement en cours inscrit dans un texte important publié au début du mois de décembre : « La stratégie de sécurité nationale des États-Unis d’Amérique ». Cuba, Panama, le Groenland, La Colombie, voire Le Mexique peuvent subir rapidement le même sort.

Trump a décidé de refaire de tous les pays de l’Amérique Latine l’arrière-cour des États-Unis pour piller leurs ressources, faire pression à la baisse sur les salaires des ouvriers américains en les mettant en concurrence avec ceux des pays de l’Amérique du Sud.

Il compte également briser la coopération économique de ces pays avec La Chine afin d’affaiblir cette dernière et faire décider à Washington des prix du pétrole et du gaz, au moment même où les enjeux climatiques obligent à en réduire la consommation.

Ce qui se passe à Caracas nous concerne donc toutes et tous.

Ne nous trompons pas, les pressions pour soumettre le Canada et chaque pays européen aux désirs de l’impérialisme américain ne vont pas faiblir afin d’affaiblir les travailleuses et les travailleurs, les familles populaires de toute l’Union européenne et d’accélérer la montée du fascisme sur le continent.

Cela ne rend que plus désolant, inquiétant, préoccupant les veules déclarations de la diplomatie européenne.

Mais le soutien net du président de la République française à ce rapt est un outrage à la France la plaçant malgré elle dans la complicité du viol du droit international : viol des articles 51 et 2 (4) de la Charte des Nations Unies, qui interdit à un État puissant d’avoir recours à la force sans autorisation multilatérale du Conseil de sécurité des Nations Unies, sans preuves vérifiables de légitime défense imminente. Nous ne pouvons pas sous-estimer la portée de la déclaration de soutien de M. Macron à Trump : il n’y a même pas de faux-semblant, il vient de faire franchir un régressif et inquiétant pas à la diplomatie française, susceptible de déconsidérer encore plus La France aux yeux des peuples des pays du Sud. C’est le signe d’une soumission grandissante aux projets trumpien qui affaibliront encore notre pays.

Par-delà les opinions, les démocrates ne peuvent se taire et laisser faire cette prise de contrôle d’un pays par les États-Unis. Le combat pour réhabiliter le droit international, respecter la souveraineté des États, permettre aux citoyens de choisir leurs institutions et leurs élus, doit nous placer devant de nouvelles responsabilités collectives. Nous avons ensemble à réclamer avec force au président de la République qu’il se place du côté du droit international. Les groupes parlementaires soucieux du droit international doivent réclamer en urgence un débat et pouvoir voter une résolution politique.


Image d’illustration : Manifestation contre la guerre au Venezuela à Washington le 3 janvier 2026, Jason Gooljar (CC BY-NC-SA 4.0)

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