Invitation du collectif antifasciste du pays de Martigues


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À l’approche des élections de 2027, partout en France, des collectifs unitaires se constituent, rassemblant citoyen·nes, syndicalistes, militant·es politiques ou associatifs pour construire des dynamiques locales contre les idées fascistes. Nous relayons ainsi l’initiative du Collectif Antifasciste du pays de Martigues dont nous sommes partie prenante et invitons à déployer ces initiatives, partout où cela est possible.

Premier atelier antifasciste le lundi 14 septembre 2026 à 18h – Salle MJC de Martigues, Bd Emile Zola

Nous sommes des militant·es de la gauche radicale, de la gauche de transformation sociale, de la gauche anticapitaliste. Militant·es syndicaux·ales, associatif·ves ou politiques, citoyen·nes engagé·es sur Martigues et le golfe de Fos, nous décidons de créer le collectif antifasciste du pays de Martigues et d’organiser à la MJC de Martigues un atelier antifasciste. Mettre en commun nos analyses et nos forces pour combattre le processus continu de fascisation de la société française est l’objectif. Car si aujourd’hui les antifascistes se rassemblent comme en 2024 pour barrer la route de Matignon à Bardella, iels battront l’extrême droite en 2027.

Le lundi 14 septembre, notre premier atelier antifasciste devrait nous permettre de saisir les dimensions nouvelles de ce fascisme du 21e siècle et de nous organiser pour continuer à le combattre. Gagner et faire reculer la haine développée par l’extrême droite est possible en donnant un contenu anticapitaliste et une cohérence globale à nos luttes. À Martigues, en France comme sur l’ensemble de la planète, le nouveau fascisme du 21e siècle porte à la fois l’idéologie du fascisme du siècle dernier et la volonté des oligarques comme Bolloré, Arnault ou Saadé de détruire l’État et de détruire toutes les organisations de citoyen·nes, toute coopération internationale, de refuser le droit à l’autodétermination des peuples. Ce fascisme s’appuie sur un complexe militaro-industriel transnational lié aux GAFA, il n’est pas uniquement ancré dans un nationalisme étatique étroit, il envisage de se servir de l’IA pour imposer ses règles à l’ensemble de la planète et pour attaquer l’idée même d’une humanité commune.

Même mondialisé, l’élément fondamental du fascisme reste la dictature terroriste ouverte par le capital financier et son premier objectif est la destruction des organisations ouvrières, au premier rang desquelles les syndicats. Le capital a en effet recours à la dictature lorsque c’est devenu le seul moyen de maintenir ses profits, quand les exploité·es n’acceptent plus cette domination. C’est toujours la guerre, le pillage des matières premières, la destruction de la nature, le colonialisme, l’esclavage. C’est le développement de l’illibéralisme qui garantit l’augmentation exponentielle des profits des multinationales de la tech. C’est le développement d’une économie de guerre par le vote de budgets militaires gigantesques.

Si le fascisme prend la forme de l’extrême droite en France, son idéologie est mondialisée. Avec Trump ou Meloni, en Inde ou en Argentine, elle imprègne toute la société mondiale, notamment par l’acceptation du génocide palestinien, par l’acceptation des guerres et des assassinats ciblés. Cette idéologie, c’est la haine et la violence sous toutes leurs formes : sexistes, racistes, antisémites, islamophobes, xénophobes, contre les personnes LGBTQIA+, contre les personnes en situation de handicap. C’est le refus d’une culture ouverte. Là où elle parvient aux commandes, elle s’attaque aux droits des femmes (interdiction de l’IVG…), aux associations de solidarité, aux bourses du travail, aux MJC, à la liberté de réunion, d’information, de création et de diffusion culturelle, à la presse libre, aux droits sociaux et aux droits syndicaux et politiques. Elle tente d’imposer des régressions sociales et démocratiques, elle constitue un danger concret pour les citoyen·nes et profite de la complicité des autorités pour s’installer durablement.

À Martigues, nous sommes déjà mobilisé·es pour combattre cette idéologie et combattre l’autoritarisme des pouvoirs. Nous avons obtenu certains succès et il existe en France des forces importantes qui s’opposent à cette politique. 

  • Nous avons manifesté notre soutien à la Palestine et contre le génocide à Gaza, pour la libération de Salah Hamouri et Georges Ibrahim Abdallah. 
  • Nous avons manifesté contre les exactions de la police suite à l’assassinat à Nanterre de Nahel Merzouk. 
  • Ensemble, nous avons milité contre les expulsions et pour la régularisation des personnes sans-papiers. 
  • Nous avons agi pour la défense et l’amélioration du service public et la prise en charge des personnes en situation de handicap. 
  • Nous nous sommes rassemblé·es contre les féminicides et les violences sexistes et sexuelles. 
  • Nous avons manifesté ensemble contre les réformes des retraites et contre les ordonnances Macron. 
  • Nous défendons la Sécurité sociale issue du CNR et la solidarité en actes, les allocations pour les salarié·es au chômage, pour les familles monoparentales, pour les étudiant·es étranger·ères, nous refusons d’opposer travailleur·euses et chômeur·euses. 
  • Nous avons à Martigues défilé avec les Gilets jaunes, pour défendre le pouvoir d’achat, le RIP et la démocratie.
  • Nous nous sommes rassemblé·es pour dénoncer les actes racistes, islamophobes et antisémites, pour la paix.
  • Nous nous sommes mobilisé·es contre les climatosceptiques et pour la décarbonation de l’industrie. 
  • Nous sommes profondément attaché·es à la culture, à la presse libre et indépendante et à l’éducation.

Ces exemples de luttes sont pour nous la définition d’un antifascisme réel et de terrain, ils sont un point d’appui pour peser sur les élections de 2027 et battre Bardella-Le Pen et Fouquart.

Mais quels que soient les résultats électoraux, continuer à combattre cette idéologie mortifère va au-delà des postures politiciennes. En effet, le risque fasciste est bien réel, soit par une prise de pouvoir directe en 2027, soit par une fascisation déjà commencée de la société. Les chercheurs antifascistes, Saïd Bouamama, Johann Chapoutot et Ugo Palheta sont unanimes : la contre-révolution fasciste est un processus fait de sauts idéologiques. Nous pensons aujourd’hui être en France dans le franchissement d’un palier par la diffusion dans les médias, au gouvernement, dans les partis politiques de droite et parfois de gauche, des thèmes, du vocabulaire et des revendications de l’extrême droite ; il nous faut déconstruire cette fabrique du consentement à l’horreur.

Lieu de partage et d’éducation populaire, le collectif Antifasciste du pays de Martigues invite les citoyen·nes, les militant·es et les représentant·es des syndicats et organisations politiques de la gauche de rupture à venir discuter les termes de ce texte, à confronter les différents points de vue, à apporter chacun·e sa définition du fascisme en France en 2026, à se créer une culture commune et à décider ensemble des actions à mener sur le territoire pour gagner en 2027.

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