Les Journées de Mauprévoir 2026 s’achèvent. Comme tous les ans, nous avons eu le plaisir de nous retrouver pour un week-end d’échange, de découverte et de moments partagés.
L’événement, que nous co-organisons et qui a rassemblé près de 70 personnes, est aussi un moment fort de dialogue entre les territoires. De fait, les participant·es habitant à Mauprévoir et dans le Montmorillonnais y rencontrent des ami·es venu·es de toute la France, grandes et petites agglomérations, ville et campagne, du Sud-Ouest au Nord-Est du pays. Plus généralement, nous travaillons avec les gîtes, hôtels, artisans et producteurs locaux pour créer les meilleures conditions d’accueil possibles.
Cette année, les Journées étaient consacrées au thème de la décroissance, sujet crucial, et en même temps, suscitant beaucoup de débats dans le pays. Nous-mêmes avons, sur cette question, des opinions diverses. Nous avons donc voulu une discussion pluraliste, associant intellectuels, agriculteurs et militants politiques, associatifs ou syndicaux. Nous remercions chaleureusement l’ensemble des intervenant·es, grâce auxquel·les nous avons beaucoup appris et avons eu des discussions très riches.
Parmi ces dernier·es, nous remercions tout particulièrement Sandrine Rousseau, qui a tenu à participer malgré les tentatives d’intimidation de la Coordination Rurale 86 et de son président François Turpeau, également vice-président de la chambre d’agriculture de la Vienne. Bien que la ferme de ce monsieur soit de l’autre côté du département (à une heure de route !), il s’est senti autorisé à décréter que “cette dame n’a rien à faire sur notre territoire”. Il a donc appelé à un rassemblement pour empêcher sa venue.
Il est vrai que l’individu est coutumier de ce genre de déplacement. Au mois d’octobre dernier, il organisait une manifestation à Poitiers pour “traquer” les opposant·es aux méga-bassines, injures et menaces de mort au rendez-vous. Au mois de décembre, la Coordination Rurale de la Vienne se coordonnait avec la section voisine des Deux-Sèvres pour une action simultanée sur les deux départements. Les uns se chargeaient de saccager la commune de Melle, recouverte de fumier et de déchets en représailles du soutien de la municipalité au “village de l’eau”, pendant que les autres se concentraient sur les locaux de l’association Vienne Nature, à Fontaine-le-Comte. Un peu plus tard, au mois de janvier, Turpeau justifiait une nouvelle opération de dégradation des locaux de l’association. Au mois de mars, il revendiquait l’attaque d’une manifestation pacifique dans les rues de Poitiers. Bref : le personnage n’aime ni le débat, ni la liberté d’opinion, et il considère visiblement que le département tout entier lui appartient.
Pour ce qui nous concerne, n’ayant nullement l’intention de participer à l’un des happenings à base d’insultes sexistes et de dégradation de biens publics dont cette organisation est friande, nous avons simplement déplacé le rendez-vous chez des participant·es qui ont eu la gentillesse de prêter leur jardin. Nous avons eu avec Sandrine une discussion passionnante, dont nous publierons bientôt des extraits. Par-delà nos différences, qui sont réelles, nous avons particulièrement apprécié l’intégrité, la sincérité et la combativité de cette députée aux multiples engagements.
Pendant ce temps, le cortège de la Coordination Rurale, rejoint par le conseiller régional RN Éric Soulat (qui a également dû faire une heure de route pour venir), patientait avec une petite vingtaine de personnes devant la salle des fêtes du village. La scène pourrait prêter à sourire, mais il s’agit avant tout d’un immense gâchis. N’y a-t-il pas mieux à faire pour les conditions de vie des agriculteurs, un dimanche matin du mois d’août, alors que la canicule crée tant de difficultés dans les exploitations ?
Pour conclure, nous tenons à adresser notre amitié et notre soutien à toutes celles et tous ceux qui, comme nous, sont ou ont été la cible de ce genre de groupe. Nous savons que les habitant·es des territoires ruraux sont les premier·es victimes de ces exactions, comme l’attestent les nombreux messages de soutien que nous recevons depuis dimanche. Nous tenons donc aussi à remercier les habitant·es de Mauprévoir et des villages alentour, dont la gentillesse et la solidarité ont permis de faire face à tous ces défis… et de réussir l’édition 2026 des Journées de Mauprévoir !
