EN DÉBAT. Et les retraité·es ?


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À chaque élection, les retraité·es deviennent soudain indispensables. On les appelle à faire preuve de responsabilité, de civisme, on leur demande de sauver la démocratie si mal en point. Puis une fois les élections passées, ils redeviennent les oubliés de la République, voire même les boucs émissaires, ils deviennent gênant, coûteux.

Pourtant, ce sont eux qui ont travaillé toute leur vie. Ce sont eux qui ont bâti les usines, les écoles, les hôpitaux, les routes, les exploitations agricoles, les services publics, etc… Ce sont eux qui se sont battus pour obtenir un meilleur avenir pour leurs enfants.

Ils ont cotisé pendant des décennies, ils ont le droit aujourd’hui de revendiquer une retraite digne, leur retraite n’est pas un privilège comme certains veulent bien le dire. Aujourd’hui, beaucoup touchent des pensions qui ne permettent plus de vivre dignement, certains se retrouvent sous le seuil de pauvreté notamment les 10% des retraité·es qui perçoivent une pension mensuelle inférieur à 900 euros.

Il est inconcevable d’entendre dire que les retraité·es vivent bien parce qu’ils sont propriétaires de leurs logements ; en France 50% des retraités sont effectivement propriétaires mais à quel prix ! Nombreux sont ceux qui ne peuvent plus effectuer des travaux de réfection par manque de moyens, les normes de l’habitat sont évolutives et coûteuses, les aides gouvernementales ne les concernent plus. Quant aux autres, ils sont locataires soi en HLM ou majoritairement dans le parc locatif privé, au bon vouloir des propriétaires ce qui les précarise jusqu’à la fin de leurs vies.

Les retraité·es, de par leurs vécu, méritent non pas des promesses en l’air mais une vraie justice sociale, le respect et une vraie reconnaissance. En 2027, ne laissons pas l’histoire se répéter !

Nombre de nos parents et grands-parents ont connu les heures les plus sombres du 20ème siècle. Ils ont connu la guerre, le manque de nourriture, les persécutions, la censure, les dictatures, la haine de l’autre et la disparition des libertés. Beaucoup se sont battus, parfois au prix de leur vie, pour que la démocratie, les droits sociaux et la solidarité triomphent du fascisme. Ne perdons jamais de vue que nos anciens ont payé de leur sang la liberté dont nous jouissons aujourd’hui.

Les retraité·es n’ont pas toujours conscience que leur mémoire est une force, une richesse. Leur vécu ne sera parfois jamais relaté dans les livres scolaires d’histoire. Ils savent qu’aucun droit n’est définitivement acquis, ils savent que les conquêtes sociales doivent être défendues sans relâche pour ne pas les voir disparaître.

Les retraité·es doivent exiger des pensions décentes, afin de bien se nourrir, d’avoir accès à tous les soins de santé nécessaires, exiger des services publics de proximité tout simplement, pour vivre dignement. Devenir dépendant de ses enfants ne devrait plus exister au 21ème siècle.

Voter, ce n’est pas seulement choisir un gouvernement, c’est aussi laisser en héritage une société digne, heureuse pour les enfants et petits enfants c’est un devoir humain. Retraité·es, ne laissons jamais le fascisme écrire l’avenir de nos enfants.


Image d’illustration : « 15032018Manif des retraités08 », photographie du 15 mars 2018 par Force Ouvrière (CC BY-NC 2.0)

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