Il me semble que, si nous voulons réellement rassembler et construire l’unité, nous devons commencer par repérer, partout sur le territoire, les embryons de ce qu’a été le Nouveau Front populaire en 2024.
Dans ma circonscription du Finistère, un rassemblement de différentes forces de gauche, mais aussi et surtout de citoyens qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les organisations politiques, mène depuis plusieurs années un véritable travail de fourmi.
Depuis 2024, nous continuons à nous retrouver autour de thématiques diverses. Un agriculteur bio, membre du collectif, met à notre disposition un terrain. Nous cultivons, récoltons et distribuons des légumes biologiques aux bénéficiaires d’associations caritatives. Cette expérience est bien plus qu’une simple action de solidarité : elle permet de nous retrouver, de créer du lien, mais aussi d’agréger d’autres citoyens autour d’une idée essentielle : le Commun.
D’autres initiatives contribuent à faire vivre cette dynamique. Nous organisons des soirées-débats. La dernière était consacrée au Front populaire de 1936, avec la participation de Ludivine Bantigny, à l’occasion de la sortie de son ouvrage La bourse ou la vie – Le Front populaire : histoire pour aujourd’hui.
Tout cela démontre quelque chose d’essentiel : l’unité ne se construit pas uniquement dans les appareils, dans les états-majors ou à travers des accords électoraux. Elle se construit aussi, et peut-être d’abord, dans les territoires, dans les luttes, dans les solidarités concrètes, dans la capacité à faire travailler ensemble des personnes qui, hier encore, ne se parlaient pas.
En tant que membre encarté au PCF, j’invite tous mes camarades à investir ces nouveaux espaces. Nos idées doivent circuler en dehors de nos structures, elles doivent vivre et être confrontées au réel. Faire vivre, essaimer nos propositions et les mettre en mouvement sont les moyens pour reconstruire du collectif.
Si l’extrême droite ou une droite toujours plus radicalisée arrivait au pouvoir, ces espaces pourraient devenir des lieux essentiels d’échange, de résistance, de ressaisissement collectif et d’action.
Mais dans l’autre hypothèse, celle pour laquelle nous nous battons — celle d’une transformation sociale et démocratique — ces réseaux seront tout aussi indispensables. Ils pourront constituer un point d’appui pour accompagner, soutenir et amplifier les politiques de rupture, en permettant à la population de devenir pleinement actrice des transformations engagées.
C’est pourquoi je pense qu’il faut aujourd’hui chercher ces embryons du rassemblement partout où ils existent, les mettre en relation et leur permettre de se rencontrer.
Car ce qui s’est construit en 2024 ne doit pas rester un souvenir électoral. Il peut devenir une force populaire durable, à condition de partir de ce qui existe déjà, de respecter la diversité des engagements et de construire patiemment du commun.
L’unité ne se proclame pas. Elle se construit. Et elle se construit d’abord là où des femmes et des hommes décident, concrètement, de faire quelque chose ensemble
