{"id":4395,"date":"2024-11-09T15:04:49","date_gmt":"2024-11-09T14:04:49","guid":{"rendered":"https:\/\/nosrevolutions.fr\/?p=4395"},"modified":"2025-05-21T17:22:50","modified_gmt":"2025-05-21T15:22:50","slug":"au-sri-lanka-le-nouveau-pouvoir-et-le-defi-de-la-reconciliation-entre-cingalais-et-tamouls","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nosrevolutions.fr\/en\/2024\/11\/09\/au-sri-lanka-le-nouveau-pouvoir-et-le-defi-de-la-reconciliation-entre-cingalais-et-tamouls\/","title":{"rendered":"Au Sri Lanka, le nouveau pouvoir et le d\u00e9fi de la r\u00e9conciliation entre Cingalais et Tamouls"},"content":{"rendered":"<p><strong>Depuis le 23 septembre 2024, Anura Kumara Dissanayake assume, apr\u00e8s un large succ\u00e8s \u00e9lectoral, les fonctions de Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique au Sri Lanka<\/strong>. C\u2019est beaucoup de chemin parcouru pour cet homme qui dirige depuis 2014 l\u2019organisation politique d\u2019ob\u00e9dience communiste JVP (Janatha Vimukthi Peramuna) qui signifie Front de Lib\u00e9ration du Peuple.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation en 2019 de la coalition \u00ab\u00a0Pouvoir Populaire National\u00a0\u00bb (Jathika Jana Balawegaya<strong>) <\/strong>qui regroupera plus de 20 organisations politiques, syndicales, de jeunesse, f\u00e9ministes et \u00e9cologistes autour du JVP. Toutefois <strong>en 2019, Dissanayake n\u2019obtenait que 3% des voix \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle<\/strong> tandis qu\u2019en 2020, la coalition qu\u2019il dirige n\u2019arrivait \u00e0 obtenir que 3 d\u00e9put\u00e9s lors des \u00e9lections parlementaires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019essentiel de la fulgurante progression \u00e9lectorale qui l\u2019am\u00e8ne au pouvoir en 2024 a \u00e9t\u00e9 rendue possible gr\u00e2ce la crise politique de 2022 qui a rebattu totalement les cartes politiques du pays<\/strong>. Cette p\u00e9riode, apr\u00e8s une s\u00e9rie de manifestations \u00e9normes entre mars et juillet 2022, a en effet permis d\u2019\u00e9carter le clan Rajapaksa du pouvoir alors que celui-ci \u00e9tait omnipr\u00e9sent dans les institutions gouvernementales comme dans la haute administration de l\u2019\u00c9tat sri-lankais.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9j\u00e0 active dans les institutions locales avant m\u00eame l\u2019accession du pays \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, cette famille aura notamment donn\u00e9 deux Pr\u00e9sidents de la R\u00e9publique \u00e0 l\u2019ancienne Ceylan <\/strong>avec Mahinda Rajapaksa de 2005 \u00e0 2015 et Gotabaya Rajapaksa, fr\u00e8re du pr\u00e9c\u00e9dent, qui dirigera le pays de 2019 \u00e0 2022. Le large mouvement social qui poussera ce dernier \u00e0 la d\u00e9mission puis \u00e0 l\u2019exil fut provoqu\u00e9 par les cons\u00e9quences de la gestion \u00e9conomique du pays qui l\u2019a plong\u00e9 dans une s\u00e9v\u00e8re crise o\u00f9 l&rsquo;inflation s\u00e9v\u00e8re, les coupures de courant quotidiennes, les p\u00e9nuries de carburant et d&rsquo;autres articles essentiels ont provoqu\u00e9 l\u2019exasp\u00e9ration d\u2019une large partie de la population et sa volont\u00e9 de voir se tourner une page politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s cette contextualisation, entrons dans le vif du sujet. Le Sri Lanka est, en effet, marqu\u00e9 dans son histoire par <strong>une plaie b\u00e9ante apparue d\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance du pays&nbsp;: la division entre les deux communaut\u00e9s ethniques principales du pays, les Tamouls et les Cingalais. <\/strong>Point paroxystique de cette division, le pays a connu, jusqu\u2019en 2009, pr\u00e8s de trois d\u00e9cennies de guerre civile entre un pouvoir cingalais (ethnie majoritaire constituant pr\u00e8s des trois quarts de la population) et une r\u00e9bellion men\u00e9e par les s\u00e9paratistes tamouls des LTTE (Liberation Tigers of Tamil Eelam) souhaitant \u00e9tablir un \u00c9tat ind\u00e9pendant dans l\u2019Est et le Nord du pays o\u00f9 les populations tamoules sont majoritaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce conflit arm\u00e9 s\u2019est fini en 2009 lors d\u2019une large offensive de l\u2019arm\u00e9e sri-lankaise sur laquelle nous reviendrons. Sur l\u2019ensemble de sa dur\u00e9e, d\u2019apr\u00e8s l\u2019ONU, <strong>ce conflit aurait fait plus de 100 000 morts, pr\u00e8s de 150 000 disparus et plus d\u2019un million de d\u00e9plac\u00e9s <\/strong>dans un pays qui compte de 23 millions d\u2019habitants aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Un conflit de ce type, o\u00f9 un \u00c9tat <em>excluded<\/em> et de nombreuses institutions de type \u00e9tatique ont longtemps exist\u00e9 dans les zones tenues par la gu\u00e9rilla des LTTE dans le nord et l\u2019est du pays, cr\u00e9ent forc\u00e9ment un foss\u00e9 entre des groupes sociaux qui n\u2019ont pas partag\u00e9 de v\u00e9cu commun politique et social autres que ceux r\u00e9gul\u00e9s par la violence arm\u00e9e sur une p\u00e9riode aussi longue, et o\u00f9 la division voire l\u2019opposition frontale des m\u00e9moires et des imaginaires politiques persistent encore aujourd\u2019hui. <strong>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne trouve d\u2019ailleurs son illustration dans le peu d\u2019int\u00e9r\u00eat accord\u00e9es par les populations tamoules aux \u00e9v\u00e8nements politiques r\u00e9cents \u00e0 Colombo.<\/strong> Le d\u00e9fi pour le pouvoir actuel est donc de savoir s\u2019il aura les capacit\u00e9s, voire la volont\u00e9, de r\u00e9duire les haines et les ranc\u0153urs persistantes dans un contexte o\u00f9 la discrimination et le traitement g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9serv\u00e9 aux tamouls par les extr\u00e9mistes cingalais persistent et o\u00f9 l\u2019atmosph\u00e8re des pogroms anti-tamouls du pass\u00e9 reste pr\u00e9sente.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les origines de la fracture entre communaut\u00e9s<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Pour comprendre le pr\u00e9sent, il nous est donc indispensable de revenir sur le pass\u00e9 de l\u2019\u00cele. <strong>Ceylan a connu 450 ans de colonisation occidentale, chacun des trois colons europ\u00e9ens qu\u2019a connu l\u2019\u00eele restant sur place environ 150 ans avant que le territoire n&rsquo;obtienne son ind\u00e9pendance en 1948<\/strong>. Le Portugal maintiendra sa domination sur l\u2019\u00eele de 1505 \u00e0 1658 avant d\u2019en \u00eatre chass\u00e9 par les Pays-Bas. En 1796, ce sont les Britanniques qui chasseront \u00e0 leur tour les N\u00e9erlandais et int\u00e9greront Ceylan \u00e0 leur d\u00e9j\u00e0 gigantesque Empire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, se d\u00e9veloppe chez la majorit\u00e9 cingalaise un sentiment anti-tamoul assez fort car existe chez elle le sentiment, non d\u00e9nu\u00e9 de fondement, que les Britanniques ont favoris\u00e9 cette communaut\u00e9 lors de leur longue colonisation en lui accordant un meilleur traitement et lui r\u00e9servant les postes \u00e0 responsabilit\u00e9s<\/strong>. En 1956, le gouvernement fait de la langue cingalaise la seule langue officielle du pays et il faudra attendre 1977 pour que le tamoul partage ce statut.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre temps, malgr\u00e9 des protestations pacifiques pour la reconnaissance de leur langue, organis\u00e9es par les tamouls, des pogroms les ciblant feront 500 morts en 1958. <strong>En 1970, le pays prend le nom de Sri Lanka (un nom cingalais) et l&rsquo;importation de films, livres ou parutions en tamoul venant d&rsquo;Inde du Sud est interdite<\/strong>. La discrimination s\u2019intensifie en 1972 avec l\u2019adoption du bouddhisme comme religion d\u2019\u00c9tat. Ce culte est ultra-majoritaire chez les Cingalais tandis que les Tamouls sont majoritairement hindous et comprennent aussi une forte minorit\u00e9 chr\u00e9tienne et une plus petite minorit\u00e9 de confession musulmane. Ces discriminations linguistiques et religieuses sont accompagn\u00e9es d\u2019un durcissement pour les Tamouls des possibilit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019enseignement sup\u00e9rieur le rendant de fait quasi impossible.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre le&nbsp;31 mai&nbsp;et le&nbsp;2 juin 1981, \u00e0 Jaffna, un groupe criminel incendia plusieurs b\u00e2timents d&rsquo;importance pour la communaut\u00e9 tamoule, dont le march\u00e9, les bureaux des d\u00e9put\u00e9s des circonscriptions locales, du quotidien&nbsp;<em>Tamil Newspaper<\/em>&nbsp;et de la biblioth\u00e8que publique de Jaffna. La destruction de la biblioth\u00e8que fut tr\u00e8s douloureusement ressentie par la communaut\u00e9 tamoule, avec la disparition de 95&nbsp;000 volumes, dont des manuscrits anciens uniques. Des t\u00e9moins rapport\u00e8rent la pr\u00e9sence de policiers parmi les incendiaires.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le d\u00e9but de la guerre civile<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir longtemps combattu pour leurs droits de mani\u00e8re pacifique \u00e0 travers des manifestations, les Tamouls et tr\u00e8s majoritairement les jeunes, prennent progressivement les armes sous forme de plusieurs groupes de gu\u00e9rilla mais la v\u00e9ritable guerre civile commence <strong>le 23 juillet 1983, quand la gu\u00e9rilla Tamoule des LTTE, tue dans une embuscade 13 militaires de l\u2019arm\u00e9e sri-lankaise<\/strong>. <strong>Cette attaque va d\u00e9clencher une r\u00e9action anti-tamoul tr\u00e8s violente connu sous le nom de Juillet Noir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9meutes commencent dans la capitale, Colombo, la nuit du&nbsp;24 juillet 1983, et les pogroms anti-tamouls se r\u00e9pandent dans tout le pays. Pendant&nbsp;7 jours, des foules cingalaises ont attaqu\u00e9 des civils tamouls, pillant et br\u00fblant leurs maisons, en tuant leurs occupants. <strong>Selon la BBC, le nombre de morts estim\u00e9s varie entre&nbsp;400 et 3 000 personnes&nbsp;selon que les sources sont cingalaises ou tamoules<\/strong>. 8&nbsp;000&nbsp;maisons et 5&nbsp;000&nbsp;commerces ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits&nbsp;et 150&nbsp;000&nbsp;personnes ont perdu leur habitation.&nbsp; Juste apr\u00e8s cet \u00e9v\u00e9nement, une vague massive de Tamouls a fui en tant que r\u00e9fugi\u00e9s politiques ou immigr\u00e9s, tandis que des milliers d&rsquo;autres ont rejoint les LTTE.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mois de juillet est devenu un mois de comm\u00e9moration pour la communaut\u00e9 tamoule sri-lankaise et ses sympathisants dans le monde. Les \u00e9v\u00e8nements de Juillet Noir ainsi que la phase finale de la guerre civile en 2009 repr\u00e9sentent les moments les plus sombres pour les tamouls du Sri Lanka dans <strong>une guerre qui conna\u00eetra des moments d\u2019intensit\u00e9 vari\u00e9e avec notamment, entre 1987 et 1990, l\u2019envoi par l\u2019Inde d\u2019une force dite du \u00ab&nbsp;maintien de la paix&nbsp;\u00bb (IPKF) qui, loin d\u2019assurer cette mission, rajoutera de la guerre \u00e0 la guerre<\/strong>. Il y aura m\u00eame un cessez-le-feu entre 2002 et 2006 entre la gu\u00e9rilla s\u00e9paratiste et les autorit\u00e9s de Colombo n\u00e9goci\u00e9 sous les bons auspices de la Norv\u00e8ge notamment.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Tamil Eelam et \u00c9tat <em>excluded<\/em> LTTE<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><strong>Avec le retrait de l&rsquo;IPKF, les LTTE ont pris le contr\u00f4le de vastes zones dans le nord et l\u2019est de l&rsquo;\u00eele, o\u00f9 ils ont \u00e9tabli une administration se substituant \u00e0 celle du gouvernement<\/strong> et qui ont pu permettre l\u2019installation d\u2019un \u00c9tat <em>excluded<\/em> LTTE, qui malgr\u00e9 bien des limites, inspire encore chez de nombreux Tamouls du Sri Lanka une certaine forme de nostalgie car il constitue, jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, le seul moment o\u00f9 les Tamouls ont pu \u00e9chapper \u00e0 un syst\u00e8me de discrimination institutionnalis\u00e9 par l\u2019\u00c9tat central et se sentir \u00e0 l\u2019abri des diff\u00e9rents types de violences qu\u2019ils subissaient par le simple fait de leur origine ethnique.<\/p>\n\n\n\n<p>La capitale de cet \u00c9tat <em>excluded<\/em> fut Kilinochchi. Les LTTE y \u00e9tablirent un syst\u00e8me judiciaire complet avec des cours locales et supr\u00eame. <strong>En outre, les Tigres Tamouls cr\u00e9\u00e8rent une administration d\u2019\u00c9tat incluant une force de police civile, des organisations humanitaires, des programmes et des d\u00e9partements de coordination \u00e9conomique, de sant\u00e9 et d&rsquo;\u00e9ducation<\/strong>. Ils cr\u00e9\u00e8rent \u00e9galement une banque \u00e0 partir de 1994, une litt\u00e9rature et des m\u00e9dias&nbsp;: une presse \u00e9crite et une station radio appel\u00e9e \u00ab&nbsp;La Voix des Tigres&nbsp;\u00bb auxquelles s\u2019ajout\u00e8rent une cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision apr\u00e8s l\u2019accord de cessez-le-feu de 2002.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour d\u00e9crire certains aspects de l\u2019\u00c9tat de facto LTTE, <strong>nous nous appuierons principalement sur l\u2019ouvrage publi\u00e9 aux USA \u00ab&nbsp;<em>A fleeting moment in my Country<\/em>&nbsp;\u00bb (Clear Day Books-2012) \u00e9crit par N. Malathy, membre de la diaspora tamoule en Nouvelle-Z\u00e9lande<\/strong> o\u00f9 elle vit depuis plus de trente ans et est devenue titulaire d\u2019un doctorat en informatique. N. Malathy a r\u00e9dig\u00e9 cet ouvrage apr\u00e8s plusieurs s\u00e9jours dans le district de Vanni situ\u00e9 au nord de l\u2019\u00cele et qui fut un des bastions des LTTE avant leur d\u00e9faite d\u00e9finitive.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a fait trois s\u00e9jours dans cette zone&nbsp;: un premier de 6 semaines \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2002, un deuxi\u00e8me s\u00e9jour de trois mois \u00e0 partir d\u2019avril 2004, puis un troisi\u00e8me beaucoup plus long de 2005 \u00e0 mars 2009 o\u00f9 elle quitta la zone sur un bateau du Comit\u00e9 International de la Croix-Rouge. <strong>Elle fut d\u00e9tenue par l&rsquo;arm\u00e9e sri-lankaise dans un camp d\u2019internement pendant 4 mois avec le reste des 300 000 Tamouls qui quittaient la zone de guerre mais put, elle, rentrer plus tard en 2009 en Nouvelle-Z\u00e9lande<\/strong>. Son t\u00e9moignage est ainsi pr\u00e9cieux car elle a partag\u00e9 la vie des Tamouls vivant dans les zones administr\u00e9es par les LTTE pendant une longue p\u00e9riode. La limite vient du fait que ce t\u00e9moignage s\u2019applique presqu&rsquo;exclusivement au district de Vanni mais l\u2019on peut penser que celui-ci refl\u00e8te \u00e9galement la vie dans les autres zones administr\u00e9es par la gu\u00e9rilla. N. Malathy a travaill\u00e9 principalement avec 4 institutions des LTTE&nbsp;qui se sont, pour la plupart, d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 partir du cessez-le-feu de 2002 : le Secr\u00e9tariat du Nord-Est aux Droits Humains (NESoHR), le Centre de D\u00e9veloppement et de R\u00e9habilitation des Femmes (CWDR), le Secr\u00e9tariat \u00e0 la Paix des LTTE ainsi qu\u2019un orphelinat.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00c9tat de facto LTTE poursuivait un id\u00e9al de justice sociale sur plusieurs plans. Il bannit certaines pratiques li\u00e9es \u00e0 l\u2019hindouisme comme le syst\u00e8me de castes et la pratique de la dot que devait verser la famille d\u2019une jeune \u00e9pouse \u00e0 celle du futur \u00e9poux<\/strong>. Les lois promulgu\u00e9es par les LTTE comportaient une \u00e9galit\u00e9 de genre absente dans les lois sri-lankaises qui comportaient des vestiges d\u2019anciennes lois coutumi\u00e8res du pays et \u00e9taient plus marqu\u00e9es par le patriarcat. En effet, les lois des LTTE avaient des caract\u00e9ristiques qui \u00e9taient renforc\u00e9es pour prot\u00e9ger les femmes qui, par exemple, avaient pu \u00eatre tromp\u00e9es par des hommes qui leur avaient promis le mariage. Plusieurs institutions des LTTE, notamment celles de la sant\u00e9, du d\u00e9veloppement bancaire, du droit et des m\u00e9dias comptaient toutes plus de 50 % de femmes. Certaines d&rsquo;entre elles \u00e9taient dirig\u00e9es uniquement par des femmes, LTTE ou civiles. Les femmes ayant besoin d&rsquo;aide \u00e9taient dirig\u00e9es vers diff\u00e9rentes institutions appropri\u00e9es. Le respect et la promotion des droits des femmes, y compris la lutte contre la violence domestique, semblent \u00eatre un des fils rouges de la politique que les LTTE entendaient promouvoir dans les zones qu\u2019ils administraient.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La population de Vanni \u00e9tait un m\u00e9lange int\u00e9ressant de Tamouls<\/strong>. Il y avait une population minoritaire qui vivait l\u00e0 depuis des g\u00e9n\u00e9rations. Une autre minorit\u00e9, qui vivait \u00e0 Vanni depuis deux ou trois g\u00e9n\u00e9rations et s\u2019y \u00e9tait install\u00e9e lorsque l\u2019\u00c9tat avait attribu\u00e9 des terres foresti\u00e8res \u00e0 des personnes qui les avaient d\u00e9frich\u00e9es et transform\u00e9es en terres agricoles. Une autre minorit\u00e9 de Tamouls de l\u2019arri\u00e8re-pays s\u2019y \u00e9tait install\u00e9e en raison de la pauvret\u00e9 et de la violence \u00e0 leur encontre. L\u2019exode de Jaffna en 1995 vers Vanni apr\u00e8s la prise de cette p\u00e9ninsule de l\u2019extr\u00eame-nord du pays par les troupes de Colombo y avait entra\u00een\u00e9 une grande partie de la population. Des migrations similaires, mais \u00e0 plus petite \u00e9chelle, ont \u00e9galement eu lieu depuis d\u2019autres parties de l\u2019Eelam tamoul chaque fois que les Tamouls \u00e9taient confront\u00e9s \u00e0 la violence dans leur ville natale. Il s\u2019agissait d\u2019un m\u00e9lange de personnes qui avaient le plus souffert aux mains de l\u2019arm\u00e9e sri-lankaise, mais qui n\u2019avaient pas les moyens de fuir l\u2019\u00eele. Ils ont trouv\u00e9 refuge dans la partie LTTE de l\u2019Eelam Tamoul. Cette population mixte, qui avait subi l\u2019oppression de l\u2019\u00c9tat sri-lankais et l\u2019omnipr\u00e9sence des LTTE au sein de cette population ont r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er une communaut\u00e9 aux caract\u00e9ristiques uniques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les traumatismes pass\u00e9s ont impr\u00e9gn\u00e9 la vie des habitants de Vanni<\/strong>. On pouvait s\u2019asseoir et discuter avec n\u2019importe qui vivant \u00e0 Vanni et entendre les histoires personnelles des trag\u00e9dies li\u00e9es \u00e0 la guerre. M\u00eame avant 2002, litt\u00e9ralement tout le monde \u00e0 Vanni avait de tels souvenirs traumatisants dans son c\u0153ur. C\u2019est ce groupe de personnes qui a \u00e9galement nourri et construit Vanni pour en faire une ar\u00e8ne florissante pendant le cessez-le-feu. De nombreux employ\u00e9s expatri\u00e9s d&rsquo;agences internationales, arriv\u00e9s \u00e0 Vanni apr\u00e8s le tsunami de d\u00e9cembre 2004, ont \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9s par le courage de cette soci\u00e9t\u00e9 face \u00e0 des traumatismes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s. C&rsquo;est cette coh\u00e9sion li\u00e9e \u00e0 l\u2019esprit de lutte qui leur a donn\u00e9 la r\u00e9sistance mentale n\u00e9cessaire pour r\u00e9sister aux traumatismes et garder espoir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les gens ordinaires de Vanni, qui \u00e9taient principalement hindous et catholiques, \u00e9taient tr\u00e8s religieux. Ils \u00e9taient plus religieux que les habitants de Jaffna, qui affichaient un plus grand degr\u00e9 d&rsquo;occidentalisation<\/strong>. Les festivals hindous \u00e9taient des occasions o\u00f9 cela \u00e9tait clairement visible. Tous les types de <em>kaavadi<\/em>, qui impliquent un rituel d&rsquo;automutilation, \u00e9taient pratiqu\u00e9s largement \u00e0 ce moment. On dit que ces rituels ont \u00e9t\u00e9 raviv\u00e9s et pratiqu\u00e9s plus largement pour faire face aux traumatismes li\u00e9s \u00e0 la guerre. En fait, certaines de ces pratiques ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 raviv\u00e9es \u00e0 Jaffna o\u00f9 elles avaient presque compl\u00e8tement disparu trois d\u00e9cennies plus t\u00f4t. <em>Gowri Viratham<\/em>, une p\u00e9riode de je\u00fbne \u00e0 l&rsquo;exception du lait et des fruits le soir, \u00e9tait observ\u00e9 par des femmes de tous les horizons. Celles qui y participaient portaient une ficelle attach\u00e9e au haut du bras qui \u00e9tait visible publiquement. On peut penser que cela \u00e9tait affich\u00e9 avec fiert\u00e9, et que sa signification culturelle d\u00e9passait les fronti\u00e8res religieuses et \u00e9tait teint\u00e9e de l&rsquo;attitude de lutte contre l\u2019oppression.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a de nombreux aspects de la lutte des Tamouls qui m\u00e9ritent une \u00e9tude plus approfondie, et l&rsquo;un d&rsquo;eux est le r\u00f4le jou\u00e9 par le clerg\u00e9 catholique et la communaut\u00e9 tamoule catholique, cette minorit\u00e9 au sein d\u2019une autre minorit\u00e9. Bien qu&rsquo;il y ait eu de nombreuses fractures et \u00e9loignements au cours de la lutte, le soutien initial de l&rsquo;\u00c9glise catholique \u00e9tait ind\u00e9niable et il perdure sous des formes vari\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 nos jours. On peut clairement faire le parall\u00e8le avec le r\u00f4le du petit clerg\u00e9 catholique dans les luttes populaires d&rsquo;Am\u00e9rique centrale au Guatemala, au Salvador ou au Nicaragua. <strong>Le clerg\u00e9 catholique du Sri Lanka \u00e9tait, comme dans ces pays, fortement li\u00e9 aux id\u00e9es tr\u00e8s progressistes de la th\u00e9ologie de la lib\u00e9ration<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les Tigres Tamouls<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><strong>Les LTTE constituaient une organisation la\u00efque. La vie sociale des membres mari\u00e9s et c\u00e9libataires des LTTE \u00e9tait diff\u00e9rente<\/strong>. Les membres c\u00e9libataires des LTTE vivaient une vie distincte de la population g\u00e9n\u00e9rale dans des unit\u00e9s d\u00e9di\u00e9es avec un chef d\u00e9sign\u00e9. La taille de ces unit\u00e9s variait consid\u00e9rablement. Leurs besoins \u00e9taient tous satisfaits par l\u2019organisation et leur temps \u00e9tait enti\u00e8rement consacr\u00e9 aux t\u00e2ches qui leur \u00e9taient assign\u00e9es par elle. Ainsi, leur vie sociale se r\u00e9sumait au travail et \u00e0 la compagnie de leurs camarades.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Apr\u00e8s un certain nombre d\u2019ann\u00e9es de service dans l\u2019organisation, les membres des LTTE \u00e9taient autoris\u00e9s \u00e0 se marier<\/strong>. Une fois qu\u2019ils avaient choisi un partenaire, ils pouvaient demander \u00e0 l\u2019organisation la permission de se marier, m\u00eame avant d\u2019avoir atteint le nombre requis d\u2019ann\u00e9es de service. Une fois cette permission accord\u00e9e, leur union devenait publique et comme les LTTE s&rsquo;attendaient \u00e0 ce que cet engagement soit permanent, il n&rsquo;\u00e9tait pas facile de rompre cet engagement sans passer par une proc\u00e9dure judiciaire. Une fois mari\u00e9es, les familles des LTTE vivaient au sein de la communaut\u00e9 civile et souvent, des membres de leur famille \u00e9largie vivaient \u00e9galement avec elles. Les familles des LTTE \u00e9taient \u00e9galement clairement non religieuses dans leur vie familiale, m\u00eame si certaines avaient conserv\u00e9 leur foi familiale d&rsquo;origine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les souvenirs des membres des LTTE tu\u00e9s au combat \u00e9taient omnipr\u00e9sents<\/strong>. Un mot sp\u00e9cial \u00e9tait utilis\u00e9 pour d\u00e9signer leur mort, <em>veeramaranam<\/em> (mort h\u00e9ro\u00efque) et les membres d\u00e9c\u00e9d\u00e9s des LTTE \u00e9taient appel\u00e9s <em>maareevar,<\/em> ce qui signifie \u00ab grand h\u00e9ros \u00bb. Leur mort n&rsquo;\u00e9tait jamais d\u00e9sign\u00e9e par ce mot mais toujours par <em>veeramaranam<\/em> ou <em>veerakcha <\/em>dans le langage courant. Le lieu o\u00f9 ils \u00e9taient enterr\u00e9s \u00e9tait appel\u00e9 <em>maareevar-thuyilum-illam<\/em> ou <em>thuyillum-illam<\/em> en abr\u00e9g\u00e9, ce qui signifie \u00ab lieu de repos des grands h\u00e9ros \u00bb. Les membres des LTTE tu\u00e9s ou morts \u00e9taient enterr\u00e9s, contrairement \u00e0 la tradition majoritaire qui pr\u00e9vaut, la cr\u00e9mation. Cet enterrement \u00e9tait appel\u00e9 <em>vithaiththal<\/em>, ce qui signifie en tamoul \u00ab planter une graine \u00bb. Le symbolisme \u00e9tait qu&rsquo;un membre n&rsquo;\u00e9tait pas mort et disparu, mais qu&rsquo;il \u00e9tait tomb\u00e9 comme une graine pour que de nouveaux combattants apparaissent. Le mot tamoul utilis\u00e9 pour d\u00e9signer les membres vivants des LTTE \u00e9tait <em>poorali<\/em>, qui signifie \u00ab celui qui se bat pour la justice \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces cinq mots, <em>poorali, veeramaranam, maaveerar, vithaiththal <\/em>et<em> thuylum-illam<\/em>, \u00e9taient d\u2019usage courant et cr\u00e9aient un contexte culturel particulier dans la vie des gens comme parmi les membres de l\u2019organisation. Des images de <em>maaveerar<\/em> \u00e9taient accroch\u00e9es dans la plupart des maisons, aussi bien celles des LTTE que celles des civils. Les <em>thuyilum-illam<\/em> \u00e9taient des sites tr\u00e8s imposants et ils ne manquaient jamais de susciter de fortes \u00e9motions parmi les habitants de Vanni. Les gens \u00e9prouvaient un v\u00e9ritable sentiment de respect et de gratitude envers les <em>maareevar.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sous le commandement supr\u00eame du fondateur de l\u2019organisation, Velupillai Prabhakaran, les LTTE \u00e9tait compos\u00e9s de six ailes distinctes <\/strong>: une aile militaire, une aile politique, une aile internationale, une aile financi\u00e8re, une aile de renseignement et une aile de police. Il y avait une multitude de sous-structures au sein de chacune de ces ailes, l&rsquo;aile politique ayant le plus de subdivisions visibles pour les civils. Les sous-institutions notables sous l&rsquo;aile politique comprenaient, par ordre de taille, toutes les institutions d&rsquo;aide sociale pour les enfants d\u00e9munis, les femmes et les personnes \u00e2g\u00e9es, les services m\u00e9diatiques, les tribunaux, certains services de sant\u00e9, une division \u00e9conomique qui aidait les agriculteurs ainsi que d&rsquo;autres personnes exer\u00e7ant d&rsquo;autres activit\u00e9s \u00e9conomiques, une division sportive, une division \u00e9ducative et une division culturelle. La force de police avait sa propre autonomie.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;aile financi\u00e8re \u00e9tait la deuxi\u00e8me division la plus visible. Elle exploitait de nombreux points de vente d&rsquo;alimentation et d&rsquo;\u00e9picerie, ainsi que quelques usines. Cette division, par le biais de ses activit\u00e9s de vente au d\u00e9tail, de fabrication, d&rsquo;agriculture, de transport et de banque, employait un grand nombre de civils. Son objectif \u00e9tait de fournir des services aux LTTE et aux civils, et de lever les fonds n\u00e9cessaires au fonctionnement de l&rsquo;\u00e9norme machinerie qu&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00c9tat de facto dirig\u00e9 par les LTTE.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;aile internationale \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9sente \u00e0 Vanni, mais concernait peu la population locale \u00e0 moins qu&rsquo;elle n&rsquo;ait des amis ou des parents de la diaspora qui leur rendent visite. Ces visiteurs de la diaspora ne pouvaient \u00e9chapper au contact de l&rsquo;aile internationale. Ils \u00e9taient interrog\u00e9s et un laissez-passer leur \u00e9tait d\u00e9livr\u00e9 pour quitter Vanni.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les divisions politique, financi\u00e8re et internationale avaient l\u2019apparence d\u2019organisations civiles op\u00e9rant dans l\u2019espace public, on ne peut pas en dire autant de la division militaire et de celle du renseignement, qui \u00e9taient tr\u00e8s peu pr\u00e9sentes en public. N. Malathy rapporte qu\u2019un jour, un membre du personnel de l\u2019UNICEF lui dit que la porte voisine de leur bureau \u00e9tait l\u2019une des \u00ab bases \u00bb de la division du renseignement, le terme \u00ab&nbsp;base&nbsp;\u00bb&nbsp;d\u00e9signant les r\u00e9sidences et les sous-bureaux des diff\u00e9rentes sections des LTTE. Ainsi, alors que les bases de la division du renseignement \u00e9taient dispers\u00e9es dans l\u2019espace public, leur pr\u00e9sence ne se faisait pas sentir. L\u2019aile militaire n\u2019avait m\u00eame pas de bases avec lesquelles elles pouvaient interagir avec le public. Il semble que l\u2019espace militaire des LTTE \u00e9tait tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de l\u2019espace public.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Soulignant la philosophie des LTTE selon laquelle il ne pouvait y avoir d\u2019autonomie sans la force militaire pour la prot\u00e9ger, tous les membres des LTTE \u00e9taient form\u00e9s \u00e0 l\u2019action militaire et la plupart furent ensuite appel\u00e9s \u00e0 effectuer des missions en premi\u00e8re ligne<\/strong>. Les membres des LTTE partageaient un sentiment d\u2019unit\u00e9 qui ne reconnaissait pas les divisions structurelles internes du LTTE. Les membres de rang similaire socialisaient plus librement, et m\u00eame les plus \u00e2g\u00e9s, \u00e0 l\u2019exception de quelques dirigeants de haut rang, se joignaient souvent \u00e0 eux. Les interactions sociales entre les membres masculins et f\u00e9minins n\u2019\u00e9taient pas aussi libres, m\u00eame si elles existaient.<\/p>\n\n\n\n<p>Naturellement, on entendait davantage parler du c\u00f4t\u00e9 militaire \u00e0 mesure que la guerre s\u2019intensifiait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de Vanni. Les pertes humaines sur les lignes de front sont devenues fr\u00e9quentes et la campagne de recrutement s\u2019est intensifi\u00e9e. Lorsque les groupes de recrues obtenaient leur dipl\u00f4me, les parents \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de remise des dipl\u00f4mes. Les membres des LTTE de la division politique assistaient \u00e9galement fr\u00e9quemment \u00e0 ces c\u00e9r\u00e9monies lorsqu\u2019un de leurs proches recevait son dipl\u00f4me.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Interconnexion entre les LTTE et les civils<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019interface entre les LTTE et les civils en g\u00e9n\u00e9ral avait de nombreuses facettes, et le r\u00e9sultat \u00e9tait un espace social hautement int\u00e9gr\u00e9, o\u00f9 la distinction entre les deux s\u2019est progressivement estomp\u00e9e<\/strong>. Le lien \u00e9motionnel que les civils avaient envers les LTTE en tant que combattants de la lib\u00e9ration \u00e9tait toujours pr\u00e9sent. En plus de ce lien \u00e9motionnel de base, d\u2019autres couches d\u2019interconnexion se sont cr\u00e9\u00e9es sur une p\u00e9riode s\u2019\u00e9talant sur plusieurs d\u00e9cennies. Bien que seul un tr\u00e8s petit pourcentage de ceux qui vivaient \u00e0 Vanni \u00e9taient de v\u00e9ritables membres des LTTE, la majorit\u00e9 des personnes en \u00e2ge de travailler \u00e0 Vanni avaient un proche parent issu de ce groupe. Ce facteur a fortement influenc\u00e9 l\u2019espace social de Vanni et a donn\u00e9 \u00e0 toute la soci\u00e9t\u00e9 une couleur LTTE. Les institutions des LTTE \u00e9taient \u00e9galement les principaux employeurs, et par cons\u00e9quent les civils ont \u00e9t\u00e9 davantage attir\u00e9s dans le giron de l\u2019organisation. Le grand nombre de familles des LTTE avec enfants vivant d\u00e9sormais parmi les civils a \u00e9galement apport\u00e9 un autre niveau d\u2019interconnexion.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette interconnexion croissante a \u00e9t\u00e9 constamment r\u00e9duite par certaines des activit\u00e9s des LTTE. La plus importante de ces activit\u00e9s \u00e9tait la campagne de recrutement omnipr\u00e9sente des LTTE. La l\u00e9thargie bureaucratique dans certaines institutions des LTTE a \u00e9galement fait l\u2019objet de critiques constantes. Cela \u00e9tait principalement d\u00fb au manque de capacit\u00e9s en ressources humaines, qui ne correspondait pas au r\u00f4le croissant jou\u00e9 par les LTTE. On pouvait entendre \u00e0 plusieurs reprises des gens dire que les LTTE se distanciaient de plus en plus de la population.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait un foss\u00e9 culturel entre les familles des LTTE vivant dans la communaut\u00e9 \u00e9largie et la communaut\u00e9 civile. Le reste de la communaut\u00e9 gardait une distance respectueuse avec les familles des LTTE, m\u00eame si elles \u00e9taient voisines. Les raisons de cet \u00e9loignement \u00e9taient dues aux pratiques sociales non religieuses et \u00e9galitaires des familles des LTTE. Les femmes des familles des LTTE en particulier avaient d\u00e9velopp\u00e9 des mod\u00e8les de comportement d\u2019affirmation de soi qui ne s&rsquo;accordaient pas bien avec la soci\u00e9t\u00e9 de base. Cette distinction s&rsquo;est estomp\u00e9e progressivement.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Consolidation pendant le cessez-le-feu<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><strong>La signature de l&rsquo;accord de cessez-le-feu de 2002 a stimul\u00e9 une ruche d&rsquo;activit\u00e9s de d\u00e9veloppement \u00e0 Vanni<\/strong>. Cette r\u00e9gion avait \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 des restrictions extr\u00eames sur la circulation des personnes et des biens depuis l&rsquo;exode massif des habitants de Jaffna en octobre 1995. La majorit\u00e9 des personnes qui ont quitt\u00e9 Jaffna se sont d\u00e9plac\u00e9es vers la r\u00e9gion de Vanni. Le cessez-le-feu de 2002 a ouvert la route A9 qui traversait Vanni jusqu&rsquo;\u00e0 Jaffna. Les gens, principalement des Tamouls, et le trafic de marchandises ont inond\u00e9 la route A9. L&rsquo;ouverture de la route A9, l&rsquo;aide internationale et le financement de la diaspora ont stimul\u00e9 de nombreuses activit\u00e9s de d\u00e9veloppement \u00e0 Vanni. L&rsquo;humeur parmi la population \u00e9tait positive et le visage visible de Vanni changeait gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement dans tous les aspects possibles de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au cours de la premi\u00e8re phase de guerre, un grand nombre d&rsquo;enfants en \u00e2ge scolaire avaient abandonn\u00e9 l&rsquo;\u00e9cole. Une campagne massive a \u00e9t\u00e9 entreprise pour s&rsquo;assurer que chaque enfant fr\u00e9quente l&rsquo;\u00e9cole<\/strong>. Plusieurs \u00e9tablissements d&rsquo;enseignement pour les jeunes quittant l&rsquo;\u00e9cole ont vu le jour, et parmi eux, les services d&rsquo;enseignement informatique. Vanni-Tech et plusieurs autres \u00e9tablissements de formation informatique qui travaillaient en \u00e9troite collaboration avec Vanni-Tech ont vu le jour et ont \u00e9t\u00e9 financ\u00e9s par la diaspora. La construction de plusieurs autres \u00e9tablissements d&rsquo;enseignement \u00e9tait en cours dans une zone sp\u00e9cialement situ\u00e9e \u00e0 Kilinochchi appel\u00e9e <em>Ariviyal nakaram<\/em>, qui signifie \u00ab ville du savoir \u00bb. De nombreux types d&rsquo;\u00e9tablissements d&rsquo;enseignement \u00e9taient pr\u00e9vus ou en cours de construction pour cette ville du savoir. Il s&rsquo;agissait notamment d&rsquo;\u00e9tablissements de formation de professionnels de la sant\u00e9, de centres d&rsquo;apprentissage des langues &#8211; en particulier le tamoul et l&rsquo;anglais &#8211; et d&rsquo;\u00e9coles d&rsquo;enseignement sp\u00e9cialis\u00e9 pour les jeunes touch\u00e9s par la guerre et les jeunes les moins ins\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le service m\u00e9dical de soins primaires de Thileepan des LTTE existait depuis plus d&rsquo;une d\u00e9cennie et s&rsquo;adressait aux zones recul\u00e9es o\u00f9 les gens n&rsquo;avaient acc\u00e8s \u00e0 aucun autre service m\u00e9dical. Apr\u00e8s le cessez-le-feu, il a \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9 par d&rsquo;autres \u00e9tablissements de soins de sant\u00e9<\/strong>. Le Centre de soins de sant\u00e9 visait \u00e0 offrir des services m\u00e9dicaux plus larges, notamment la formation de professionnels de soins de sant\u00e9 primaires. L&rsquo;h\u00f4pital priv\u00e9 Ponnambalam, qui avait des succursales \u00e0 Kilinochchi et Mullaithiivu, a d\u00e9velopp\u00e9 ses installations et ses services pendant cette p\u00e9riode. Des experts m\u00e9dicaux de la diaspora se sont rendus sur place et ont fourni des soins sp\u00e9cialis\u00e9s gratuits, notamment de la chirurgie plastique, aux bless\u00e9s de guerre. De nombreuses personnes vivaient avec des \u00e9clats d\u2019obus dans leur corps et souffraient de douleurs plus ou moins intenses. Des experts m\u00e9dicaux ont fait de leur mieux pour retirer ceux qui causaient les douleurs les plus intenses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;Organisation de R\u00e9habilitation Tamoule (TRO), qui \u00e9tait charg\u00e9e de g\u00e9rer d&rsquo;innombrables institutions d&rsquo;aide sociale, allant des foyers pour enfants aux programmes de d\u00e9veloppement des villages, a pris de l&rsquo;ampleur<\/strong>. Le Centre de D\u00e9veloppement et de R\u00e9habilitation des Femmes (CWDR), qui compl\u00e9tait certains des services fournis par la TRO, ciblant sp\u00e9cifiquement les femmes, a \u00e9galement pris de l&rsquo;ampleur et a ajout\u00e9 de nouveaux b\u00e2timents. Le CWDR \u00e9tait enti\u00e8rement g\u00e9r\u00e9 par des femmes et avait donc un caract\u00e8re distinctif. En outre, dans les nombreux foyers pour enfants qui s&rsquo;occupaient d&rsquo;enfants orphelins et tr\u00e8s pauvres, il existait de nombreux types d&rsquo;institutions d&rsquo;aide sociale s&rsquo;adressant aux civils ainsi qu&rsquo;aux membres handicap\u00e9s des LTTE. Une \u00e9cole d&rsquo;aide sociale pour les personnes \u00e2g\u00e9es, en particulier les parents d\u00e9munis de <em>maaveerar,<\/em> a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 cette \u00e9poque. Il y avait <em>Mayoori-illam<\/em> pour les femmes membres des LTTE en fauteuil roulant et bless\u00e9es par les combats. <em>Navamarivukkoodam<\/em> \u00e9tait un institut \u00e9ducatif qui formait les membres bless\u00e9s des LTTE \u00e0 des comp\u00e9tences adapt\u00e9es \u00e0 leur handicap physique. Toutes ces institutions d&rsquo;aide sociale ont \u00e9t\u00e9 modernis\u00e9es et dot\u00e9es de meilleures installations.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M\u00eame avant 2002, les LTTE disposaient de leur propre ensemble de lois, d\u2019une \u00e9cole pour former leurs avocats et d\u2019un syst\u00e8me judiciaire \u00e9tendu, soutenu \u00e0 son tour par une division de police et des prisons<\/strong>. Ces institutions employaient un grand nombre de civils pour travailler dans le syst\u00e8me judiciaire et la force de police. La division au sein de ce syst\u00e8me qui r\u00e9digeait les lois, ind\u00e9pendamment de la loi sri-lankaise, pour l\u2019\u00c9tat \u00e9mergent de l\u2019Eelam tamoul, \u00e9tait \u00e9galement active pendant la p\u00e9riode de cessez-le-feu, produisant de nouvelles lois sur deux questions importantes : la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re et l\u2019\u00e2ge de recrutement dans le service militaire. Il est \u00e0 noter que les forces de police, comme les juges et les avocats employ\u00e9s par l\u2019aile polici\u00e8re des LTTE \u00e9taient, dans chacune de ces trois composantes, compos\u00e9es de pr\u00e8s de 50% de femmes et tr\u00e8s majoritairement de civils.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Thalir, une cha\u00eene de garderies pour les enfants des familles des LTTE, \u00e9tait une autre institution notable qui a grandi en taille et en qualit\u00e9 pendant cette p\u00e9riode<\/strong>. Le service, fourni gratuitement, \u00e9tait peut-\u00eatre le meilleur \u00e9tablissement de ce type sur toute l\u2019\u00eele. Le ratio personnel\/enfant \u00e9tait tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Bien que la majorit\u00e9 des soignantes ne soient pas bien form\u00e9es, elles \u00e9taient sous la stricte supervision de quelques femmes plus exp\u00e9riment\u00e9es qui veillaient au maintien de normes \u00e9lev\u00e9es. Toutes les m\u00e8res des LTTE devaient se pr\u00e9senter au travail un an apr\u00e8s l&rsquo;accouchement et ce service \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 celles-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;organisme des droits de l&rsquo;homme NESoHR et celui de la gestion de l&rsquo;environnement ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une cha\u00eene de librairies appel\u00e9e <em>Arivamuthu<\/em> vendait des livres n\u00e9cessaires aux \u00e9coliers, ainsi qu&rsquo;une excellente s\u00e9lection de livres en tamoul couvrant un large \u00e9ventail de sujets.<\/strong> Les nombreuses petites biblioth\u00e8ques diss\u00e9min\u00e9es dans Vanni disposaient d&rsquo;une collection presque compl\u00e8te de la litt\u00e9rature des LTTE qui avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e. La po\u00e9sie \u00e9tait le style d&rsquo;expression \u00e9crite pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des membres des LTTE. Des nouvelles et des romans courts \u00e9taient \u00e9galement \u00e9crits notamment par des \u00e9crivaines. Il y avait de fr\u00e9quentes c\u00e9r\u00e9monies de sortie de livres pendant cette p\u00e9riode pour les livres \u00e9crits par les membres des LTTE et les civils. Les sorties de CD \u00e9taient beaucoup plus courantes et il s&rsquo;agissait presque toujours de chansons sur les victoires militaires ou sur la mort d&rsquo;un membre \u00e9minent de la gu\u00e9rilla.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La cha\u00eene de restauration <em>Paandiyan<\/em> avec quelques points de vente r\u00e9partis dans Vanni et d&rsquo;autres centres de vente de nourriture \u00e9taient \u00e9galement exploit\u00e9s par la division financi\u00e8re<\/strong>. En outre, il y avait plusieurs cha\u00eenes de vente au d\u00e9tail d&rsquo;\u00e9picerie et de v\u00eatements. Bien que les membres des LTTE aient \u00e9t\u00e9 interdits de boire de l&rsquo;alcool, la division financi\u00e8re a \u00e9galement g\u00e9r\u00e9 une cha\u00eene de tavernes \u00e0 l&rsquo;usage des civils. Ces entreprises commerciales des LTTE ont d\u00fb g\u00e9n\u00e9rer beaucoup de revenus. Pourtant, cela n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 les activit\u00e9s commerciales priv\u00e9es et il y en avait beaucoup, certaines d&rsquo;entre elles tr\u00e8s rentables. Les LTTE pr\u00e9levaient des taxes sur ces op\u00e9rations commerciales priv\u00e9es et ces entreprises fournissaient de l&#8217;emploi \u00e0 des milliers de civils.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La division financi\u00e8re exploitait \u00e9galement de nombreux \u00e9tablissements du secteur primaire, notamment des bananeraies et des \u00e9levages de volailles<\/strong>. La plupart de ces produits servaient \u00e0 nourrir les membres des LTTE. L&rsquo;ensemble de l&rsquo;organisation des LTTE disposait d&rsquo;un syst\u00e8me appel\u00e9 <em>valangkal<\/em> pour subvenir aux besoins quotidiens de ses membres. L&rsquo;aspect le plus important de cette guerre \u00e9tait la fourniture de nourriture. Les familles mari\u00e9es des LTTE recevaient \u00e9galement un revenu mensuel pour faire fonctionner leur foyer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les LTTE ont cr\u00e9\u00e9 leur banque en 1994 alors qu&rsquo;ils contr\u00f4laient Jaffna<\/strong>. Mais elle a grandi en taille dans le district de Vanni. La banque \u00e9tait utilis\u00e9e par la majorit\u00e9 des habitants de Vanni et elle avait plusieurs succursales dans toute la r\u00e9gion. Surtout apr\u00e8s le cessez-le-feu, la diaspora a \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9e \u00e0 d\u00e9poser son \u00e9pargne aupr\u00e8s de la banque pour aider \u00e0 la croissance de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De nouvelles \u00e9coles des beaux-arts ont ouvert dans deux centres et ont donn\u00e9 des cours \u00e0 plein temps ainsi qu&rsquo;aux \u00e9tudiants apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9cole<\/strong>. De nombreux artistes en peinture, sculpture et cin\u00e9ma du Tamil Nadu sont venus former des \u00e9tudiants dans divers domaines. La t\u00e9l\u00e9vision nationale tamoule (NTT) a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e et a commenc\u00e9 \u00e0 diffuser trois \u00e0 quatre heures par jour en soir\u00e9e. La capacit\u00e9 d&rsquo;enregistrement par le biais de m\u00e9dias visuels avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e au sein des LTTE depuis des d\u00e9cennies. Le lancement de NTT a stimul\u00e9 une profusion de d\u00e9veloppement dans ce domaine. Certains longs m\u00e9trages notables avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s par les LTTE avant la p\u00e9riode de cessez-le-feu. Pendant la p\u00e9riode de cessez-le-feu, de grands efforts ont \u00e9t\u00e9 faits pour d\u00e9velopper davantage \u00e9galement ce secteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le karat\u00e9 a toujours \u00e9t\u00e9 populaire parmi les LTTE ainsi que parmi les civils de la r\u00e9gion. Des efforts ont \u00e9t\u00e9 faits pour faciliter la participation de chaque enfant scolaris\u00e9 \u00e0 la formation de karat\u00e9. Des comp\u00e9titions r\u00e9gionales ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es pour tous les groupes d&rsquo;\u00e2ge, et pour les hommes comme pour les femmes. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un programme tout \u00e0 fait exceptionnel pour cette partie du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Yogi Yogaratnam \u00e9tait responsable d&rsquo;une institution appel\u00e9e <em>Aavanakkappakam<\/em>, qui signifie \u00ab institution de protection des documents \u00bb. Cette institution documentait l&rsquo;histoire militaire. Yogi fait partie des centaines de personnes qui ont disparu apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 captur\u00e9es par l&rsquo;arm\u00e9e sri-lankaise alors qu&rsquo;elles quittaient la zone de guerre pendant la guerre de 2009. Il y avait une autre institution, <em>Maaveerar kaappakam<\/em>, qui conservait les d\u00e9tails des <em>maaveerar<\/em> et \u00e9tait \u00e9galement responsable de l&rsquo;entretien des nombreux <em>thuyilum-illam<\/em>. La pr\u00e9cieuse collection de livres et de documents \u00e9tait r\u00e9partie dans tout Vanni, conserv\u00e9e dans de nombreuses institutions.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette liste de d\u00e9veloppements et de cr\u00e9ations d\u2019institutions diverses pendant le cessez-le-feu n\u2019est pas exhaustive mais, \u00e0 la mi-2006, cependant, cette ruche d&rsquo;activit\u00e9 a souffert lorsque le blocus a \u00e9t\u00e9 progressivement r\u00e9impos\u00e9 par le gouvernement sri-lankais.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>La triste route vers Mullivaikaal<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><strong>Apr\u00e8s l\u2019\u00e9lection de Mahinda Rajapaksa en 2005 \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique du Sri-Lanka, celui-ci rompt les n\u00e9gociations alors m\u00eame que les LTTE \u00e9taient en train d\u2019accepter de renoncer \u00e0 leur projet d\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Eelam Tamoul pour une large autonomie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rapidement, les forces arm\u00e9es sri-lankaises vont voir leur nombre augmenter de mani\u00e8re exponentielle parall\u00e8lement \u00e0 leurs moyens et<\/strong> <strong>le choix va \u00eatre fait d\u2019une guerre totale contre les Tamouls sous pr\u00e9texte de lutte antiterroriste<\/strong>. Ce choix va d\u00e9cha\u00eener une violence inou\u00efe sur tout le territoire encore administr\u00e9 par les LTTE et ne fera aucun d\u00e9tail entre combattants, civils, personnels humanitaires, hommes, femmes, adultes, anciens et enfants&#8230; L\u2019arm\u00e9e gouvernementale, appuy\u00e9e par des groupes paramilitaires mais aussi par des mercenaires britanniques et isra\u00e9liens, s\u2019en prendra m\u00eame aux institutions internationales comme l\u2019ONU o\u00f9 le Comit\u00e9 International de la Croix-Rouge. Le pr\u00e9lude \u00e0 cette politique fut le massacre en 2006 de 17 salari\u00e9s Tamouls de l\u2019ONG fran\u00e7aise Action Contre la Faim \u00e0 Muttur dans leur bureau par les forces de s\u00e9curit\u00e9s gouvernementales alors que les personnes tu\u00e9es \u00e9taient non seulement compl\u00e8tement d\u00e9sarm\u00e9es mais agissaient seulement dans l\u2019aide aux populations victimes du tsunami de 2004.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sous cette politique impitoyable, les LTTE vont voir se r\u00e9duire rapidement leur zone d\u2019influence et de nombreux civils vont se retrouver pris dans les conflits<\/strong>. Cette politique va culminer en 2009 avec le massacre de dizaines de milliers de Tamouls, au cours des derni\u00e8res \u00e9tapes de la guerre civile en mai 2009 dans une minuscule bande de terre \u00e0 Mullivaikkal. Selon l\u2019ONU entre 40&nbsp;000 et 70&nbsp;000&nbsp;civils tamouls y ont \u00e9t\u00e9 pi\u00e9g\u00e9s, et ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par les affrontements entre les forces gouvernementales et les LTTE, la grande majorit\u00e9 de ces morts civils \u00e9tant le r\u00e9sultat des bombardements aveugles par les forces arm\u00e9es sri-lankaises y compris sur les h\u00f4pitaux. Le 18 mai, la quasi-totalit\u00e9 des dirigeants survivants des LTTE et de leurs familles seront ex\u00e9cut\u00e9s dans cette zone.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tous les civils tamouls fuyant les zones de guerre, quand ils ne feront pas l\u2019objet d\u2019ex\u00e9cutions sommaires et de disparitions forc\u00e9es, vont \u00eatre regroup\u00e9es dans le camp d\u2019internement de Manik Farm. On parle l\u00e0 de 300 000 personnes&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019apr\u00e8s-guerre et les perspectives<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>La plupart des d\u00e9tenus de Manik Farm seront lib\u00e9r\u00e9s avant la fin 2009 mais certains restent encore aujourd\u2019hui enferm\u00e9s ou disparus. On sait m\u00eame que certains Tamouls sont revenus \u00e0 Manik Farm apr\u00e8s leur lib\u00e9ration face aux exactions men\u00e9es par les forces de s\u00e9curit\u00e9 sri-lankaises et leurs suppl\u00e9tifs paramilitaires qui se sont empar\u00e9s des terres des Tamouls y construisant des camps militaires et autres structures y compris des centres de vacances destin\u00e9s aux Cingalais. <strong>Le nombre r\u00e9el et l\u2019identit\u00e9 des disparus, des intern\u00e9s, des personnes viol\u00e9es ou ex\u00e9cut\u00e9es sans proc\u00e9dure judiciaire ne sera jamais vraiment connu mais il atteint des sommets rarement vus.<\/strong> Beaucoup parlent d\u2019ailleurs de g\u00e9nocide Tamoul et pas seulement les premiers concern\u00e9s. En 2022, le Parlement Canadien, vote \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 la reconnaissance du 18 mai comme \u00ab&nbsp;Journ\u00e9e du Souvenir du g\u00e9nocide Tamoul&nbsp;\u00bb et le c\u00e9l\u00e8bre chaque ann\u00e9e. Cette journ\u00e9e est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans le monde entier par la diaspora Tamoule du Sri Lanka mais reste interdite dans ce pays. Au lieu de cela, le gouvernement comm\u00e9more cette journ\u00e9e le \u00ab&nbsp;Jour de la Victoire&nbsp;\u00bb et a interdit aux Tamouls de comm\u00e9morer leurs morts \u00e0 la guerre. \u00c0 l&rsquo;approche du 18 mai, la s\u00e9curit\u00e9 est renforc\u00e9e dans les provinces du Nord et de l\u2019Est domin\u00e9es par les Tamouls et les \u00e9coles et les universit\u00e9s sont ferm\u00e9es pour emp\u00eacher toute comm\u00e9moration publique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le gouvernement et ses forces de s\u00e9curit\u00e9 consid\u00e8rent toute comm\u00e9moration par des Tamouls comme une comm\u00e9moration des LTTE, et non des civils<\/strong>. Les forces de s\u00e9curit\u00e9 affirment que les Tamouls peuvent comm\u00e9morer les membres d\u00e9c\u00e9d\u00e9s des LTTE en priv\u00e9, mais il a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 que des militaires sont entr\u00e9s dans des maisons pour emp\u00eacher la comm\u00e9moration.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On le voit, comme \u00e9voqu\u00e9 en introduction, une plaie b\u00e9ante traverse encore aujourd\u2019hui le pays. Pour l\u2019actuel Pr\u00e9sident, Anura Kumara Dissanayake, la t\u00e2che reste \u00e9norme s\u2019il veut tenter de la refermer. <\/strong>Et m\u00eame si la volont\u00e9 existe, elle ne manquera pas de rencontrer des oppositions fortes dans la communaut\u00e9 cingalaise. La paix r\u00e9elle ne pourra passer que la justice et dans ce domaine tout reste \u00e0 faire. Les crimes de guerre, les assassinats, les viols, les spoliations et particuli\u00e8rement la question des disparus n\u2019ont jamais fait l\u2019objet d\u2019enqu\u00eates s\u00e9rieuses des autorit\u00e9s de Colombo et celles-ci ont toujours bloqu\u00e9es les enqu\u00eates internationales. Avec le d\u00e9part du clan Rajapaksa, s\u2019ouvre une fen\u00eatre inesp\u00e9r\u00e9e pour mener une justice transitionnelle qui ne soit pas borgne et envisage l\u2019ensemble des crimes commis pendant pr\u00e8s de trois d\u00e9cennies et mettent fin \u00e0 ceux qui perdurent comme la spoliation des terres et les diff\u00e9rentes politiques d\u2019humiliation et de discrimination.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nous avons vu \u00e9galement que les m\u00e9moires, elles non plus, ne peuvent plus \u00eatre borgnes et qu\u2019il s\u2019agit de consid\u00e9rer l\u2019ensemble des victimes sans trier parmi elles<\/strong>. L\u2019autorisation, <em>a minima<\/em>, doit \u00eatre donn\u00e9e aux Tamouls de comm\u00e9morer eux aussi leurs morts. Une comm\u00e9moration commune de l\u2019ensemble des morts de la guerre civile devrait pouvoir voir le jour pour estomper les deuils, les traces laiss\u00e9es par les injustices si le Sri Lanka souhaite un jour pouvoir faire v\u00e9ritablement Nation. La culture Tamoule, avec sa langue, ses f\u00eates, ses traditions et ses particularit\u00e9s doivent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s dans une politique nationale qui devienne riche de sa diversit\u00e9 et ne s\u2019enferme pas dans la vision du vainqueur militaire et de sa d\u00e9mographie majoritaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Si ce chemin n\u2019\u00e9tait pas emprunt\u00e9 pour une raison o\u00f9 pour une autre, la question Tamoule continuera \u00e0 se poser, y compris possiblement de mani\u00e8re violente. Alors, si les Tamouls se sentent d\u00e9finitivement exclus d\u2019un \u00c9tat con\u00e7u par et pour les Cingalais, il ne restera qu\u2019\u00e0 accorder \u00e0 cette population trop longtemps opprim\u00e9e, le droit \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination qu\u2019elle prenne la forme d\u2019un \u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral comme ce fut envisag\u00e9 avant la rupture du cessez le feu en 2006 soit l\u2019Ind\u00e9pendance de l\u2019Eelam Tamoul<\/strong>. Au-del\u00e0 des transformations sociales attendues dans l\u2019ensemble du pays, c\u2019est \u00e0 l\u2019aune de ses efforts pour \u00e9crire un destin commun \u00e0 l\u2019ensemble des citoyens du Sri-Lanka que l\u2019on jugera la politique du Pr\u00e9sident Dissanayake.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Image d&rsquo;illustration : \u00ab\u00a0Raising the Tamil Eelam Flag\u00a0\u00bb, photographie du 25 juillet 2023 \u00e0 Londres par <a href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/alisdare\/53069397672\">Alisdare Hickson<\/a> (<a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-sa\/2.0\/\">CC BY-SA 2.0<\/a>)<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis le 23 septembre 2024, Anura Kumara Dissanayake assume, apr\u00e8s un large succ\u00e8s \u00e9lectoral, les fonctions de Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique au Sri Lanka. 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