Mobilisation lycéenne : élargir le front des luttes


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Déclaration adoptée par l’assemblée des correspondant·es de Nos Révolutions, le 04/10/2026.

Une nouvelle semaine de mobilisation lycéenne commence. Deux choses doivent être dites avant tout :

  • Les lycéen·nes ont raison de protester contre la casse de l’Éducation Nationale et la dégradation de leurs conditions d’études.
  • Les faits de casse sont extrêmement minoritaires parmi les centaines de lycées mobilisés et sont, la plupart du temps, causés par l’escalade de la répression policière.

Bref : nous assurons le mouvement lycéen en cours de notre solidarité complète.

Nous le soutenons, aussi, parce qu’il est plus grand que lui-même. La colère et la frustration accumulées dans le pays sont immenses. Sous la protection d’Emmanuel Macron, la bourgeoisie a passé la dernière décennie à saccager les services publics, les libertés démocratiques et les droits collectifs, tout en multipliant les actes d’humiliation à l’égard des plus pauvres. Les mouvements sociaux qui se sont succédés pour faire entendre cette France d’en bas – Gilets Jaunes, retraites, Nahel – ont tous été traités comme des ennemis de l’intérieur, et leurs revendications n’ont pas été satisfaites.

Avec les lycéens, cette colère sourde reprend le chemin de la manifestation et de la lutte sociale. Il n’est pas anodin que le mouvement, parti de Créteil en région parisienne, se soit immédiatement propagé en banlieue, avant de s’étendre dans deux directions parallèles : vers les centre-villes et vers les zones rurales et périurbaines, de Langon (Gironde) à Joigny (Yonne) en passant par La Ferté-Macé (Orne). Son premier acte a donc été de suspendre les divisions artificielles entre le prolétariat des villes et le prolétariat des périphéries, de solidariser ces groupes que la bourgeoisie travaille constamment à opposer.

À présent que l’obstacle est levé, les colères sociales s’apprêtent à converger. Les universités rejoignent les lycées. La CGT appelle à prendre la rue aux côtés des lycéens dès le 6 octobre, ce mardi. Les Gilets Jaunes visent le 17. Dans l’intervalle, d’autres secteurs rejoindront la bataille.

Nous répondrons présent à chacun de ces rendez-vous. Nous ne croyons pas, comme on l’entend parfois, que le mouvement, par sa radicalité, bénéficie in fine, au Rassemblement National. C’est même tout l’inverse : le RN (en plus de s’embourber dans les polémiques liées à la publication des écrits antisémites de Jordan Bardella) est réduit au silence par la mobilisation lycéenne.

Ce n’est pas une surprise : l’influence de l’extrême-droite dans les classes populaires est un sous-produit de la résignation, du fatalisme, du désespoir. Le RN est le parti de ceux qui ont renoncé à l’égalité des droits et parient sur la régression sociale pour améliorer l’ordinaire au détriment des étrangers, des fonctionnaires ou des “assistés”. Dès lors, il entre en crise à chaque fois que le pays se rassemble, espère et se bat. C’est bien pourquoi nous avons l’habitude de dire que, face à l’extrême-droite, l’offensive est la meilleure stratégie de défense.

Dans cette lutte, notre intention est inséparablement sociale et politique.

Sociale, car l’action inquiète le pouvoir, ce qui permet d’obtenir des victoires partielles. À ce titre, le ministre de l’Éducation Nationale a d’ores et déjà renoncé à instaurer des frais d’inscription en BTS et en classes préparatoires CPGE.

Politique, car la juxtaposition de la crise sociale, de la crise parlementaire et de l’élection présidentielle peut créer une situation révolutionnaire. C’est bien pourquoi le gouvernement essaie de jeter, simultanément, la police, la justice et les grands médias contre le mouvement : il a besoin que la présidentielle ait lieu dans le calme, chacun chez soi, dans son couloir, devant sa télévision. Pour la bourgeoisie, il est possible de vaincre un peuple en lutte, et il est possible de remporter une élection ; mais tout se complique quand il faut faire les deux en même temps.

C’est bien pourquoi nous voulons prendre le gouvernement, et avec lui la classe capitaliste toute entière, entre le marteau du mouvement social et l’enclume de l’élection présidentielle. La dynamique autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon répond donc, au niveau électoral, à l’élargissement de la contestation sur le terrain social. Nous espérons que ce front des luttes continuera de prendre de l’ampleur.

Dans l’immédiat, le défi le plus urgent est de percer la nasse policière, judiciaire et médiatique dans laquelle le pouvoir essaie d’enfermer le mouvement. Cette bataille peut être remportée. Ils agissent dans la précipitation, et ce faisant, commettent des fautes qui suscitent l’indignation du pays. Nous en sommes actuellement à 5000 interpellations de lycéen·nes, dont 90% de mineurs. En parallèle, les chaînes d’information en continu font ce qu’elles peuvent pour “couvrir” la répression policière, pour la justifier et l’encourager. Mais l’information circule plus vite qu’ils ne parviennent à la dissimuler, et les images d’adolescent·es étranglé·es ou ceinturé·es font le tour des réseaux sociaux. L’indignation face à ces violences policières insupportables peut donc devenir une force politique. Soyons aux côtés de la jeunesse qui lutte, faisons connaître ses revendications et ses préoccupations, agissons pour protéger les cortèges !


Image d’illustration : manifestation lycéenne le 1er octobre 2026 à Tours, par Armeline Videcoq-Bard, correspondante de Nos Révolutions.

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