NON à la candidature Roussel, OUI à l’alliance de la gauche radicale !


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Depuis l’élection de Fabien Roussel en 2018, le PCF a perdu environ 12 000 adhérent·es, soit un·e communiste sur quatre. Depuis 2023, ce sont 5 000 militant·es qui sont parti·es. Une organisation qui se vide à ce rythme n’est pas en train de « tenir bon », elle s’effondre.

Ce n’est pas un accident, mais le résultat direct d’une ligne. Depuis la présidentielle 2022, cette ligne consiste à jouer le parti contre le reste de la gauche radicale, en allant chercher des points d’appui sur le terrain de la droite. Résultat : les repères se brouillent et les militant·es ne s’y retrouvent plus. Surtout, les classes populaires, qui ne sont jamais dupes de ce genre de calcul, sanctionnent l’opération dans les urnes.

Le comportement de l’équipe de Fabien Roussel qui, depuis le 7 octobre 2023, s’est désolidarisée du mouvement de solidarité avec la Palestine après avoir fragilisé l’unité de la NUPES, traduit une dérive politique lourde. C’est le symptôme d’une direction de parti qui a cessé d’être une alliée pour les luttes et qui, parfois, sert d’appui à nos adversaires.

Cette orientation affaiblit le parti au moment précis où le mouvement social aurait besoin de lui. Face au patronat, aux médias dominants, à l’extrême droite et ses nervis, le rôle d’une organisation communiste est d’agir en renfort des mouvements sociaux, pas de les condamner ! Cette exigence de solidarité avec les luttes vaut aussi à l’approche de la présidentielle de 2027.

L’engouement populaire autour de la campagne de Mélenchon n’est pas un phénomène marginal : c’est là que convergent aujourd’hui les classes populaires, les travailleurs, la jeunesse. C’est à leurs côtés que nous pouvons porter nos propres exigences (sécurité sociale intégrale, expropriation des capitalistes, VIe République comme levier d’une transformation plus profonde), renforçant ainsi à la fois les idées communistes et l’organisation elle-même. Rester à l’écart de cette dynamique, continuer une ligne solitaire, c’est se couper de la possibilité de faire gagner nos idées.

Continuer avec la ligne actuelle, c’est continuer à dilapider ce que le parti a mis des décennies à construire : ses militant·es, ses idées, sa crédibilité. Nous appelons chaque communiste à voter NON à une nouvelle candidature de Fabien Roussel, et à dire OUI à une alliance de la gauche radicale pour la transformation sociale.

Face à la menace de l’extrême droite, la division est un luxe qu’on ne peut pas se permettre. Le virage autoritaire à l’œuvre en France n’est pas un accident, mais une politique concertée entre macronisme et extrême droite. La dynamique même du capitalisme en crise nous mène vers ce risque, et il n’est pas théorique. Ailleurs, des forces autoritaires sont déjà au pouvoir, appuyées sur la police, l’armée et les médias, pour briser toute contestation.

Dans ce contexte, une candidature communiste isolée, sans dynamique ni aucune perspective d’accès au second tour, ne ferait que fragmenter le seul camp capable de faire barrage : celui de la gauche et du mouvement social. Chaque point de dispersion à la présidentielle ou aux législatives, chaque semaine perdue en tractations séparées pendant que la primaire du « centre-gauche » patine, est un espace laissé au RN pour avancer.

À l’inverse, une candidature rassemblée de la gauche radicale, portée par une dynamique populaire réelle, est aujourd’hui la position qui pèse le plus lourd face à l’extrême droite, et qui permet aux communistes d’être au cœur du rapport de force plutôt que d’en être spectateurs. Ce n’est pas renoncer à nos idées : c’est comprendre que l’isolement stratégique, en ce moment précis, sert objectivement nos adversaires les plus dangereux.

Image d’illustration : Manifestation contre le projet de « réforme » des retraites. 6 février 2020 – Jeanne Menjoulet, CC BY 2.0

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