Congrès du PCF. Nos propositions d’amendements au texte


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Les références de pagination sont celles du livret du journal national du 40ème congrès du PCF.

Le congrès du PCF a adopté le texte « Communisme de conquêtes » comme texte de base commune. Nous sommes en désaccord avec l’orientation générale de ce document, mais pensons qu’il est utile, pour faire progresser la conscience et le débat, de discuter les thèses qui y sont exposées. Nous proposons donc une série d’amendements pour servir de support à ces discussions. Le sens et la logique de ces amendements sont ceux du texte-manifeste « Communisme partout ».

Notre politique d’union

Le texte actuel brouille la distinction entre les forces qui veulent sortir du capitalisme et celles qui n’en ont pas l’intention. Cette confusion n’est pas neutre : elle conduit à des alliances sans boussole. Cet amendement propose de clarifier, sans pour autant renoncer à la construction de fronts lorsqu’ils sont nécessaires.

Page 15, lignes 41 à 52. Remplacer ces lignes, à partir de « De ce point de vue… » jusqu’à « chemin d’espoir » par les mots suivants :

« Nous voulons l’union, partout, avec les forces qui partagent l’objectif de sortie du capitalisme : les Insoumis·es, les écologistes anticapitalistes, le NPA… Certaines de ces formations sont réformistes, c’est-à-dire qu’elles proposent de sortir du capitalisme par une succession de réformes. D’autres sont révolutionnaires, c’est-à-dire qu’elles proposent de sortir du capitalisme par le renversement de la classe dominante. Nous prônons le dialogue constructif et loyal entre ces courants.

Nous faisons la différence avec les forces qui – comme le PS, Place Publique, les écologistes libéraux – défendent le maintien dans le capitalisme. De fait, ces forces ne contribueront pas à un programme de sortie du capitalisme, pour la simple et bonne raison qu’elles n’en veulent pas. Bien sûr, suivant les situations, des fronts antifascistes avec la gauche libérale peuvent s’avérer nécessaires. Des alliances de gestion dans certaines élections locales aussi, du moment qu’elles restent subordonnées aux principes généraux de notre action et qu’elles n’impliquent pas de nous solidariser avec la politique de ces courants, ou de rompre avec nos camarades de lutte. »

Notre rapport aux luttes

Le soutien aux luttes n’est pas une question rhétorique, mais, en premier lieu, un enjeu concret, pratique. Nous proposons deux principes d’action, reflétant des gestes qui existent déjà largement au PCF mais qui doivent y être généralisés.

Page 16, ligne 19. Ajouter à la suite les mots suivants :

« C’est pourquoi les partis politiques représentés au Parlement et dans les collectivités territoriales ont le devoir de protéger celles et ceux qui luttent. Nous refusons la comédie des appels à la « respectabilité » (c’est-à-dire à l’obéissance). Nous utiliserons tous les moyens et leviers dont nous disposons pour desserrer l’étau de la pression médiatique, de la répression policière et judiciaire. De manière générale, nous refuserons de tirer dans le dos de camarades de lutte.

Plus généralement, soutenir les luttes, c’est d’abord y participer activement. Nous sommes déjà des milliers à y prendre part, mais nous pouvons faire plus encore. Nous décidons de partager nos compétences en ouvrant grand les portes de nos espaces d’apprentissage militant. À l’heure où la jeunesse s’engage massivement dans la contestation, ces points d’appui lui seront précieux. »

Macron et l’extrême droite

Il faut exposer la mécanique du virage autoritaire et raciste dans lequel nous sommes, montrer la complicité du centre libéral et expliquer ses ressorts, pour mieux le combattre.

Page 20, ligne 9. Ajouter à la suite les mots suivants :

« Dans notre pays, le virage autoritaire est une politique concertée entre les « centristes » et l’extrême droite. Macron fait écraser les Gilets Jaunes, nasser les manifestations, interdire les rassemblements de soutien au peuple palestinien ; Le Pen soutient, et appelle à aller plus loin. »

L’État et la révolution

Les occasions de construire des institutions populaires sont rares. Quand elles se présentent (une grève, une élection municipale) il faut savoir les saisir. L’histoire communiste en regorge : la Sécurité sociale d’avant son étatisation, la Commune, les soviets. Le texte n’en dit rien.Il faut fixer ce cap et se donner les moyens de le réaliser.

Page 21, remplacer les lignes 13 à 18 par les mots suivants :

« Pour cela, le peuple doit construire des institutions faites par et pour lui, afin d’administrer la société et de chasser ses anciens maîtres. Les occasions de créer et solidifier ce genre d’institution, ne serait-ce que sous une forme embryonnaire, sont précieuses. Pendant une grève avec un comité de lutte, à l’issue d’une élection municipale avec des mécanismes de gestion directe par les usager·es… ou par la revivification d’anciens espaces de pouvoir populaire : la Sécurité sociale, avant son étatisation initiée dans les années 1960, fut une pièce centrale de cette démarche révolutionnaire.

Mais de telles démarches, s’inscrivant dans la longue lignée de la Commune de 1871 et des soviets de 1917, demandent une audace incroyable. Elles ne naissent pas de nulle part. Le parti communiste doit les susciter dès que l’occasion se présente. Concrètement, nous nous doterons d’un tableau de bord national des luttes, agrégeant les remontées de terrain sur les grèves et mouvements sociaux, les expérimentations citoyennes et associatives… Cela nous permettra d’agir en pleine connaissance des rapports de force réels dans le pays, sans nous limiter à l’enjeu électoral — certes décisif. »

La stratégie d’union en 2027

Nous pensons qu’il faut engager maintenant le dialogue avec les forces de gauche radicale, sans attendre que la séquence électorale nous y force dans l’urgence. Le Front de Gauche a montré qu’une telle stratégie permet précisément de renforcer le parti, alors que les stratégies de division l’affaiblissent.

Page 31, après la ligne 51 ajouter les mots suivants :

« Forts de cette légitimité, les communistes décident d’ouvrir le dialogue avec les forces de gauche radicale et, dès que possible, initier ensemble une campagne suffisamment dynamique pour agréger toutes celles et tous ceux qui, dans notre pays, ont le cœur à gauche — et plus généralement, toutes celles et tous ceux qui sont en colère, qui veulent que le monde change.

Nous proposons un partenariat en vue d’une séquence électorale, inspiré de ce que fut le Front de Gauche, mais associant l’ensemble des forces sociales et citoyennes qui le souhaitent. L’autonomie des composantes doit être le maître mot : nous mènerions notre propre politique, commune quand nous sommes d’accord avec nos partenaires, distincte quand nous ne sommes pas d’accord. Typiquement, nous avons à faire entendre une voix unique sur les thèmes de la socialisation de l’activité économique, du pouvoir sur l’outil de production, de la démocratie à l’entreprise. »

La vie festive

La politique se fait aussi là où les gens se retrouvent, hors de leur routine, disponibles pour autre chose. Bars militants, concerts, clubs de sport : ces espaces existent, et le PCF les côtoie déjà à travers la Fête de l’Huma et les fêtes départementales. La question n’est pas de les inventer, c’est de les assumer comme des lieux politiques à part entière et d’y investir des moyens.

Page 33, après la ligne 50 ajouter les mots suivants :

« Cet effort passe aussi par l’animation de lieux de sociabilité : bars militants, salles de concert, agoras associatives, clubs de sport. Dans ce type d’espace, les gens sont hors de leur routine, moins immergés dans les soucis du quotidien. Ils sont plus attentifs aux idées nouvelles, plus soucieux de partage. Bien sûr pour une section locale, l’effort peut sembler hors de portée. Les structures nationales et départementales seront un point d’appui financier et militant, d’abord dans quelques territoires-pilotes, puis à grande échelle. C’est aussi l’occasion de nouer un lien plus étroit avec les milieux festifs. Ces derniers sont un vecteur majeur de diffusion de nos idées. On le constate tous les jours, dans l’organisation de la Fête de l’Humanité ou des fêtes départementales. Nous côtoyons déjà ces réseaux festivaliers : pérennisons-les, structurons-les, élargissons-les. »

Pour une démocratie militante réelle

Donner à chaque adhérent un moyen réel de peser sur les orientations du parti : c’est l’objet de cet amendement. Nous proposons un Référendum d’Initiative Militante, déclenché par 1 % des cotisant·es, traité en moins de six semaines. Un tel outil renforcerait la légitimité des décisions prises et ancrerait davantage le parti dans sa base.

Page 36, après la ligne 7 ajouter les mots suivants :

« Nous décidons de créer un mécanisme de Référendum d’Initiative Militante dans le parti. Concrètement, cela signifie que, si un camarade ou un groupe de camarades défendent une action ou un positionnement qui n’est pas repris par la direction, ils peuvent le soumettre directement à la base militante. Pour cela, la seule chose qu’ils doivent faire est de réunir un certain nombre de signataires parmi les adhérent·es. Nous proposons de fixer ce nombre à 1% du nombre total de cotisant·es. En parallèle des AG locales, le débat national pourra faire entendre les arguments des uns et des autres. L’ensemble du processus peut tenir en moins de six semaines, et se dérouler en parallèle de l’activité ordinaire. Plus largement, l’appropriation des débats par le plus grand nombre, le suivi des décisions et de leur application doivent être une préoccupation centrale des responsables communistes.

Évidemment, il n’est pas toujours possible de consacrer plusieurs semaines à instruire une question. Parfois, il faut décider en une semaine, en une journée, en quelques heures. Dans ce cas, le vote doit venir après coup, pour valider ou invalider l’initiative prise par les directions. »

Image d’illustration : Image du 39e Congrès du Parti communiste français, page Facebook du PCF

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