Union populaire internationale contre la guerre


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Cet article du 23 mars 2026 est tiré du blog de Patrick le Hyaric. Cliquez here pour y accéder.

A l’exception de l’Espagne, le mouvement contre la très dangereuse guerre au Moyen-Orient reste trop faible en Europe et au-delà.

Pourtant, jour après jour, la situation s’alourdit de périls, attisés par l’agression « américano-israélienne » – en violation d’une multitude de textes constitutif du droit international – et par les répliques iraniennes, déversant leurs missiles et leurs drones, sur les intérêts américains dans les pays du Golfe. Cette stratégie iranienne, qui vise à pousser ces nations à intervenir auprès de Trump pour que cesse les bombardements sur l’Iran,  blesse tout autant le droit international.

Un cran supplémentaire est franchi avec le blocage du détroit d’Ormuz et les bombardements sur des sites énergétiques et des laboratoires nucléaires iraniens. Toujours en violation du droit international.

Déjà une crise énergétique mondiale se répand avec de redoutables conséquences pour l’ensemble de l’activité économique mondiale, dans un contexte où déjà, les indicateurs dits de « croissance économique » restaient bloqué au plus bas.

La faiblesse du mouvement des peuples, des mouvements populaires et anti-guerres, dans nos pays, est à rechercher dans la difficulté d’articuler refus de cette guerre du duo maléfique américano-israélien et soutien au peuple, aux jeunes, aux femmes, aux travailleurs iraniens, en quête d’une perspective de libération et d’émancipation contre l’impitoyable et criminelle théocratie islamique.

Les narrations médiatiques de cette agression et les récits confusionnistes sur la réalité du droit international renforcent les volontés de stériliser tout mouvement populaire en faveur du droit et contre la guerre.

La féroce répression des mollahs contre les citoyennes et citoyens iraniens se poursuit sous le déluge de fer et de feu américano-israélien. Le mouvement prérévolutionnaire engagé depuis des mois est ainsi étouffé sur l’autel des intérêts supérieurs de l’impérium. La guerre menée par Israël et les Etats-Unis n’est en rien une guerre de libération du peuple Iranien, pas plus que les ripostes iraniennes ne sont une résistance anti-impérialistes pour l’émancipation populaire. Le peuple iranien est pris en otage, sa souveraineté politique totalement entravée.

Du reste les discours éructés par la Maison Blanche et par les cercles fascisant du pouvoir de Tel-Aviv, appelant au renversement de la dictature de Téhéran, couvent une multitude de dangers dont le peuple iranien n’est pas dupe. Il est certain qu’en matière de démocratie, il y a mieux que l’écrasement de Gaza ou la chasse aux migrants de Minneapolis, et les tirs à balles réelles sur les opposants dans la rue.

Le peuple Iranien mesure la duplicité du chef de l’impérium engagé depuis le début de cette année dans un cycle criminel d’agressions, du Nigeria au Venezuela, du Groenland à Cuba jusqu’à la Perse, tout en livrant des armes américaines à son sous-traitant régional, pour écraser la Palestine et faire, -selon la formule d’un ministre israélien- , de « la banlieue sud de Beyrouth un nouveau Khan Younes ». C’est-à-dire de l’écraser comme à Gaza.

Pour tromper le monde et paralyser les mouvements populaires, les torrents de déclarations erratiques, parfois contradictoires de Trump jouent sur une ambiguïté  permanente, pour camoufler la cohérence de la nouvelle doctrine impériale. Au lieu du concept de « changement de régime » utilisé autrefois par les néo-conservateurs américains, il s’agit maintenant de viser « le changement de comportement d’un régime ». À partir de là, on peut, au choix, emprisonner les dirigeants d’un pays comme au Venezuela ou les assassiner comme en Iran.

Il y a là plus qu’une nuance ! Il s’agit d’acheter, ou de faire éclore un changement d’options du personnel politique depuis l’intérieur de l’État. Trump a expliqué qu’il peut envisager de coopérer avec des « dirigeants religieux » s’ils sont évidemment favorables  aux intérêts américains.

Le premier de ces « intérêts » étant le pétrole. Expliquant après coup les raisons de la guerre en Irak, l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, M. Greenspan avouait dans ses mémoires : « Il est politiquement gênant de reconnaître ce que tout le monde sait : la guerre en Irak est largement une question de pétrole ». Il en est de même avec cette guerre : le pétrole et le contrôle du Moyen-Orient. Deux objectifs qui n’en font qu’un. L’économiste et géographe David Harvey l’a très bien expliqué : « Quiconque contrôle le Moyen-Orient, contrôle le robinet du pétrole mondial et quiconque contrôle le robinet du pétrole mondial peut contrôler l’économie mondiale ».

Le capitalisme Nord-américain compte se relancer en faisant main basse sur les robinets de pétrole du Golfe permettant de contrarier les demandes et besoins de La Chine. La mise en place de co-entreprises entre des mastodontes du numérique et de l’intelligence artificielle américaines avec les pétromonarchies du Golfe pour construire des centres de données très énergivores, en captant d’énormes masse de capitaux et une énergie bon marché dans ces États, renforce encore le grand capital Nord-américain dans cette guerre. Les 3 000 milliards de dollars d’actifs issus du pétrole détenus par les fonds souverains des États du Golfe l’intéressent au plus haut point.

Ainsi, les mandataires du grand capital international justifient cette guerre en faisant croire qu’il s’agit de libérer le peuple iranien du joug des mollahs, alors qu’il s’agit de reconfigurer le Moyen-Orient à leur guise, s’accaparer les ressources en hydrocarbures, détruire la possibilité d’un État pour les Palestiniens, fragmenter le Liban, mais aussi la Syrie et l’Iran après la Libye et l’Irak.

L’onde de choc se répand d’ores et déjà dans le monde entier avec le renchérissement du prix de l’énergie qui risque de pousser des centaines de millions de familles populaires supplémentaires dans les difficultés financières, la misère et la pauvreté, tandis que les accords de Paris sur la réduction de la consommation d’hydrocarbures continuent d’être violés au détriment du climat et de la biodiversité. Il est curieux que les commentaires politiciens d’après élections municipales n’abordent aucunement ces cruciaux enjeux pour la vie quotidienne de l’immense majorité de nos concitoyens.

Dans sa recherche de domination du monde, Washington a besoin du désordre mondial, de la violation permanente de la charte de L’ONU, du pompage des richesses créent par le travail en Europe comme au Moyen-Orient ou en Amérique Latine pour combler ses déficits et alimenter son complexe militaro-industriel.

 Il y a urgence pour l’Union européenne à sortir du suivisme, même tacite, des visées et des analyses élaborées dans les couloirs de la Maison Blanche. Les peuples doivent se faire entendre pour y parvenir. Ils doivent refuser la guerre et son corollaire : « l’économie de guerre ».

De nouvelles cures d’austérité se préparent. En trois semaines de guerre contre l’Iran, les États-Unis ont consommé plus d’armes que la totalité de celles qu’ils ont livrées à l’Ukraine depuis 2022. Les « énergies sociales » se manifestent. Le peuple ukrainien résiste. Les peuple iranien souffre et aspire à la liberté sans les bombes.  L’impérialisme étasunien n’enraye pas son propre déclin. Les grands pays de l’OTAN refusent pour l’instant de s’engager dans cette aventure. Une cassure a dû se produire avec les menaces d’agression contre le Groenland, le Canada ou l’Union européenne. Celle-ci n’est pas réparée. Et le discours de Trump aux capitalistes européens lors du Forum de Davos ne produit pas les effets escomptés. Ceci ne fera que renforcer les contradictions internes du capitalisme qui ne le rendent encore que plus dangereux dans sa mise au pas des travailleurs et des peuples. Raison de plus, d’agir sur ces contradictions afin de porter haut le drapeau de la paix, des libertés, de la justice sociale et écologique.

Quand les risques accrus de dérapage et de basculements vers une guerre mondiale – qui serait la fuite en avant devant des contradictions devenus insolubles – il est urgent, décisif, crucial de se mêler des affaires du monde.

Un mouvement populaire en Europe, combinant la défense des conquis sociaux et le « pouvoir de vivre mieux » et  le combat contre les guerres, doit rejoindre et renforcer, le mouvement des femmes, des étudiants et des travailleurs iraniens, soutenir l’opposition à Trump aux États-Unis et son mouvement de défense des libertés publiques, du pouvoir d’achat populaire, des droits des migrants. Le 28 mars sera une nouvelle journée anti-Trump aux États-Unis.

Combat pour la paix et pour le respect du droit international, luttes sociales et écologiques, s’imbriquent, s’épaulent, se mêlent pour porter l’émancipation et un nouvel internationalisme en actes.

C’est un large mouvement des peuples, aux Etats-Unis comme en Europe, dans les pays arabes comme en Amérique Latine ou en Afrique, contre toutes les guerres à commencer par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, qui peut écarter les risques d’une guerre mondiale.

Dans notre pays, à cause de sa constitution et de son régime présidentialiste, l’immensité des enjeux nous confèrent une grande responsabilité.

Contrer les projets trumpien ou poutinien appelle à combattre l’arrivée au pouvoir d’une union des droites autour du rassemblement national dont on a vu les prémisses lors des élections municipales. À l’opposé, la construction d’une union populaire pour le progrès social, écologique, démocratique et un internationalisme appuyé sur le droit international et la paix, constituerait un puissant souffle progressiste pour d’autres peuples. Telle devrait être la tâche de l’heure.


Image d’illustration : manifestation contre la guerre en Iran, Washington, 7 mars 2026, Victoria Pickering.
Licence CC BY-NC-ND 4.0

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